Attendre, oublier, arpenter chez kafka et gracq

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  • Publié le : 25 mars 2010
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Maëlise Pressé CPGE HK B/L Janvier 2010

Dossier de littérature

Attendre, oublier, arpenter

Sommaire

I. A la poursuite d’une réponse, dans un sentiment d’absence......................................................3 A. Un semblant de réponse dans le désir et dans l’amour.........................................................3 B. Une réponse cherchée grâce à la quête de soi-même...........................................................5 C. A la recherche d'un idéal, d'une figure protectrice. ..............................................................8

II. Une fuite vers l'avant du héros solitaire. ................................................................................10 A. Une situation professionnelle instable ou mal définie qui ne favorise pasl'intégration des personnages. ...........................................................................................................................10 B. Une relation aux autres tendue par incompréhension ou simple désintérêt réciproque. .....13 C. Une solitude omniprésente des personnages. .....................................................................17

III. La passivité des personnages quicroient agir. ......................................................................19 A. Sous le joug d'une administration mystérieuse et souvent inintelligible... .........................19 B. ...qui dirige les individus qui ont du mal à lutter. ...............................................................22

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« L'intelligence est la force, solitaire, d'extraire du chaos de sa propre viela poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi – vers l'autre là-bas, comme nous égaré dans le noir » Christian Bobin, extrait de l’Inespérée

Les personnages de roman sont souvent des êtres d'action : ils mènent leur histoire, leurs péripéties d'un bout à l'autre du roman. Dans les romans de Gracq et Kafka, respectivement Le Rivage des Syrtes et Le Château, lespersonnages semblent subir plus qu'ils n'agissent, ils sont l'incarnation de l'homme complexe : autant dans ses sentiments que dans ses désirs, dans ses rapports aux autres et avec lui-même. Attendre, oublier, arpenter peuvent résumer la manière dont les personnages appréhendent leur condition. L'attente comme un espoir d'une amélioration de sa situation, mais aussi et surtout comme une contrainte, dansl'attente que les autres ont de nous, surtout ceux qui nous permettent de jouir de privilèges et de pouvoir. L'oubli comme un effacement de soi et la peur qui s'en dégage, ainsi qu'un manque que l'individu peut ressentir dans son existence, si celle-ci est dépourvue de repères. L'arpentement tel un égarement de soi, de sa situation, arpenter pour se retrouver, mais aussi pour se perdre en rêvant,en imaginant, en interprétant. Le début de ces deux romans semble similaire : un homme, le héros, se retrouve en terre inconnue et se trouve confronté à des individus étrangers et des situations nouvelles où il doit retrouver ses repères.

Comment l'individu, comme perdu au milieu d'une société qui lui est étrangère, s'inscrit-il dans cette dernière et réagit-il face à son destin sans se perdrelui-même ? Tout comme Bobin l'avance, ils n'auront alors plus que leur intelligence pour se débrouiller, leurs forces et leurs faiblesses se trouvant dans leur réflexion. Une réflexion pour trouver leur place au milieu des individus et dans leur propre vie. Puis, alors que la solitude semble ancrée en eux, leur réaction d'isolement et pour finir, l'égarement de leur volonté face aux contraintes.2

I. A la poursuite d’une réponse, dans un sentiment d’absence.
Dans les deux romans, le personnage central est comme incomplet et semble en quête de réponses. Dans l’attente de promesses ou de changement, il semble vouloir combler comme un vide.

A. Un semblant de réponse dans le désir et dans l’amour.
« De toute évidence, elle se croyait seule. [...] Elle tordait maintenant ses...
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