Attentat a marrakech

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Article 471
Par Driss Bennani, Mohammed Boudarham,
Fahd Iraqi et Hicham Oulmouddane

Attentat. la place de l’apocalypse
| Ruines. Sur la terrasse du café-restaurant Argana, dévastée
par la déflagration. (AFP) |

Une violente explosion a secoué la place Jamaâ El Fna, le jeudi 28 avril, à Marrakech. La piste terroriste est confirmée, même si l’affaire n’a pas encore livré tous sessecrets. Les minutes d’une journée meurtrière.

Ambiance maussade lors du dernier Conseil des ministres, tenu à Fès le jeudi 28 avril, sous la présidence du roi Mohammed VI. “Nous avons appris l’explosion d’une bombe dans un café à Marrakech, alors que nous nous apprêtions à démarrer nos travaux”, confie un membre du | |

gouvernement. Cela s’est passé à 11h50. Une déflagration secoue la placeJamaâ El Fna. “Le bruit de l’explosion a été entendu jusque dans le quartier de Sidi Youssef Ben Ali, situé à plus de trois kilomètres”, assure un habitant du quartier. La foule afflue immédiatement vers le café Argana, qui domine la place touristique de la ville ocre. Le spectacle est, selon les premiers témoins, insupportable. Des corps totalement déchiquetés jonchent le sol, des traces de sangsont visibles sur les murs et une grande partie de la terrasse du célèbre café est totalement dévastée. Un vent de panique s’empare de la place marrakchie, déjà bien animée en cette matinée ensoleillée. Les rescapés courent dans tous les sens. Les policiers affluent en masse sur le lieu de l’explosion, d’où s’échappe une fumée noire. “L’emplacement du café Argana est central. Il est juste à côté del’entrée principale du souk artisanal de Marrakech. C’est un lieu recommandé par tous les guides touristiques et qui connaît donc une très grande affluence dès les premières heures de la matinée”, rappelle un hôtelier marrakchi.

Accident, attentat ?
A l’intérieur, les premiers arrivants tentent de secourir les victimes, des touristes étrangers pour la plupart. Les corps sont recouverts denappes et de draps de fortune. Le bilan humain risque d’être très lourd. “Les policiers nous rassuraient en nous disant qu’il s’agissait de l’explosion de bonbonnes de gaz, et qu’il n’y avait donc rien à craindre”, raconte un touriste français, sur une chaîne de télévision internationale. Les ambulances arrivent assez vite sur place. Les premiers blessés sont évacués vers les centres hospitaliers dela ville. Les personnes décédées sont enveloppées dans des sacs spéciaux et disposées au rez-de-chaussée du café. “Mais au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête, précise Khalid Naciri, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, nous avons pu établir qu’il s’agissait d’un acte criminel”, déclare-t-il à chaud. En moins d’une heure, les enquêteurs ont en fait rassemblésuffisamment d’éléments pour conclure à “la piste terroriste”. L’ampleur des dégâts dépasse de très loin l’effet que pourrait produire une bonbonne de gaz, même de grande taille. Puis il y a les corps des victimes, transportés vers l’hôpital d’Ibn Tofail et l’hôpital militaire de Marrakech. Selon le chef du service des urgences, “des débris métalliques et des clous ont été découverts sur les dépouillesdes victimes”. Les auteurs de cette nouvelle attaque auraient a priori utilisé des bombes artisanales, semblables à celles employées lors des attentats du 16 mai 2003, puis ceux de Hay El Farah en 2007.

Place déserte
En début d’après-midi, un cordon de sécurité est installé autour du café Argana, malgré l’affluence de centaines de touristes, d’habitants et de commerçants du quartier. Deséquipes de la police scientifique arrivent sur les lieux, munis de grosses mallettes. Ils se dirigent directement à l’étage. Objectif : protéger la scène du crime et recueillir le maximum d’indices pouvant mener à l’identification des auteurs de cet attentat. Combien sont-ils ? Ont-ils péri lors de l’explosion ou ont-ils pu quitter les lieux après avoir déposé leurs bombes ? Des témoins affirment...
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