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  • Publié le : 31 mars 2010
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Antiquité.

PLATON (428-348 av JC).

Platon est le premier philosophe dont l'oeuvre nous soit parvenue à peu près intégralement. Elève de Socrate, dont il défendra la mémoire, il est aussi la première figure du philosophe engagé dans son siècle sur le plan politique.

On sait que Socrate se défiait de l'écriture au profit d'un enseignement oral. C'est la raison pour laquelle Platon écrivitessentiellement des dialogues, cette forme d'écrit si proche de la parole. Mais c'est dire aussi qu'on ne peut connaître dans la solitude mais seulement par le débat.
Dans un texte célèbre, l'allégorie de la caverne, Platon compare notre situation d'ignorance à celle d'un prisonnier condamné à ne voir depuis l'enfance que des ombres. Sous le poids de nos désirs et de nos opinions, nous ne pouvonsqu'errer dans l'illusion. Il faut donc délivrer le prisonnier que nous sommes de ses chaînes (ce que fit Socrate pour Platon) pour apprendre notre raison à voir les réalités que sont les Idées. Platon oppose la lecture sensible du monde, mouvante, source d'erreurs et d'errance à la lecture intelligible, source de la connaissance. Il nous faut saisir les Idées qui sont du reste le modèle dusensible. Ainsi l'idée de justice est le modèle qui permet de comprendre ce que sont les conduites justes, l'idée de beau est le modèle qui permet de reconnaître les choses belles etc.
Dans sa montée vers la connaissance l'âme qui se libère de l'opinion commencera par l'étude des mathématiques. Les mathématiques ont en effet l'avantage de porter sur des objets intelligibles. Le cercle, le carré, lesnombres sont des idées que nous ne pouvons appréhender au moyen de nos sens. Si j'admets que cette droite sans épaisseur mais d'une longueur infinie dont me parle le mathématicien existe, alors même que je ne l'ai jamais vue, je suis prêt à admettre l'existence des idées. C'est le sens de la formule que Platon fit graver au fronton de l'Académie : Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre . Pourtantles mathématiques ont deux inconvénients : d'une part la géométrie antique n'est pas totalement libérée du sensible, puisque le mathématicien trace les figures sur lesquelles il va raisonner. Or le sensible est un lieu d'errance. D'autre part, le mathématicien pose des propositions de départ qu'il ne démontre pas et qu'il prend pour fondement. Ainsi les mathématiques ne sont pas totalementrationnelles.
Il faut donc accéder au second degré de l'intelligible qui nous permettra d'accéder à la réalité des Idées. La méthode ne sera plus déductive, comme en mathématiques, mais dialectique. Celle-ci élève l'âme progressivement du sensible vers les idées qui le fondent jusqu'à atteindre le véritable fondement qu'est l'idée de Bien. Platon fait du bien non pas une idée morale mais un principemétaphysique. C'est le principe d'harmonie qui gouverne le monde (les Grecs considéraient que l'univers, le cosmos était ordonné) et qui doit gouverner notre vie privée (morale) et publique (politique).
Ce chemin vers les Idées est bien illustré par la dialectique du beau que Platon décrit dans Le Banquet. L'amour est un manque qui nous conduit d'abord à aimer les beaux corps puis les belles âmesjusqu'à l'accession à l'idée même de Beau.
La connaissance est possible car notre âme a jadis, avant de s'incarner dans notre corps, contemplé les idées. Platon développe en effet le mythe de la métempsycose qu'il emprunte à Pythagore. L'âme lors de l'incarnation a oublié les idées et la connaissance consiste donc à se souvenir. C'est la réminiscence.
La philosophie platonicienne développe aussi unethéorie morale et politique. L'âme juste est l'âme harmonieuse où la raison domine courage et passions. La cité juste est la cité harmonieuse où gouvernent les philosophies rois et où soldats et artisans sont subordonnés. Il n'y a rien de pire, en effet, que d'être gouverné par des ignorants. La politique est un savoir et il faut donc que gouvernent ceux qui savent. Le philosophe a donc le...
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