Automne malade

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  • Publié le : 11 avril 2010
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Lecture analytique 1 : Chant d’automne, Baudelaire

Les Fleurs du mal, "Spleen et idéal", poème LVI (1857) Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, "Spleen et idéal", poème LVI,

"Chant d’automne"(1857)

I
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavédes cours.

Tout l'hiver va rentrer dans mon être: colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon cœur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.II me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui? - C'était hier l'été; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II
J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Etpourtant aimez-moi, tendre coeur! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
Amante ou sœur, soyez la douceur éphémère
D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant.

Courte tâche! La tombe attend ; elle est avide !
Ah! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,
De l'arrière-saison le rayon jaune et doux !

La lecture analytique neporte que sur les quatre premiers quatrains.
Chant d’automne, est un poème écrit par Baudelaire, composé de 7 quatrains, en alexandrins, rimes croisées. Nous nous intéresserons aux quatre premiers quatrains. Cette pièce de Chant d'automne appartient à la première section des Fleurs du Mal, intitulée Spleen et Idéal ce qui renvoie à la double prostration de l'âme de l'artiste. De plus, noussommes dans le cycle de Marie Daubrun, muse aux yeux verts et modèle de la femme enfant. Il s’agit dans ce poème d’une plainte concernant l’arrivée de l’automne et la fuite du temps. Le titre du poème indique cette portée poétique et musicale : il s’agit d’un chant de gémissement et de plainte, un poème d’appel à l’aide contre l’hiver, le malheur, l’horreur. Le poète éprouve des sentiments denostalgie et de mélancolie concernant sa jeunesse, son passé mais aussi une angoisse de l’avenir. L’été symbolise l’énergie, la vitalité, alors que l’hiver semble désigner métaphoriquement la figure de la mort qui vient. Une analogie est donc faite entre les saisons et l’existence et la mort du poète. On peut remarquer deux grandes "forces" montées l'une contre l'autre : le spleen et l'idéal.
Chantd’automne est en effet un poème très caractéristique de l’esthétique de Baudelaire. Il exprime, entre autres, la violence de ce tourment qu’est le spleen, cette langueur maladive qui s’accorde avec l’automne.
Problématique : En quoi la saison automnale s’harmonise-t-elle avec le questionnement du poète sur sa propre création ?

La première impression qui se dégage du texte est cette obsessionmorbide du Temps. Baudelaire semble effectivement se lire dans le paysage extérieur, sentant que sa vie lui échappe progressivement au fur et à mesure que l'hiver approche. Cependant, la poésie est là justement comme une sorte d'exorcisme et de testament.

I) Une obsession du temps
II) La poésie, une sorte d’exorcisme et de testament

I° Une obsession du temps (chronologique et météorologique !)I) A) un itinéraire temporel : l’avancée progressive vers la mort et l’accélération temporelle
Ce poème est construit de façon chronologique. Une analyse des temps verbaux en rend compte: le poème débute par le futur v1. L’adverbe « bientôt » permet d’accélérer le temps, il s’agit presque d’un futur proche.
Dans le vers 2, on peut sous-entendre le temps du passé...
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