Autrui est il un obstacle a ma liberté

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  • Publié le : 28 décembre 2010
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On définit souvent la liberté comme l'absence de contraintes, la liberté de faire ce que l'on veut, à condition d'être un homme libre. La liberté est alors l'absence d'obstacles.
Or, autrui peut lui-même être présenté comme une certaine forme d'obstacle, puisque il m'empêche, indirectement, de faire tout ce que je veux.
Il semble alors légitime de s'interroger sur la véritable valeur d'autruiquant à sa relation avec la liberté. Limite t il ma liberté, ou au contraire est il une condition nécessaire à ma liberté?

I)
S'interroger sur la valeur qu'autrui tient dans notre liberté, c'est d'abord s'interroger sur notre liberté en général. Car il n'y a pas un moment ou autrui est absent de ma vie. Au travail, en ville, il n'est pas un instant ou je ne le fréquente pas, excepté de raresmoments de solitude. Que penser de sa présence ? M'est-t-elle réellement profitable ?
Car en effet, il n'est pas difficile de se rendre compte tous les désavantages que présente la simple vision de cet autre, qui n'est pas moi. Car en effet, autrui occupe une place que je ne peux occuper. Définir la liberté par le libre arbitre, c'est-à-dire " puissance que nous avons de faire ou de ne pas fairequelque chose " ( Bossuet ), c'est affirmer que ma Volonté est libre, qu'elle est exempte de tous déterminismes extérieurs.
Or, l'on ne peut pas prétendre à prendre la place d'autrui. Vouloir définir la liberté par le libre-arbitre, c'est affirmer alors qu'on n'est tout simplement pas libre, car s'il est moralement possible de se mettre à la place d'autrui, il est physiquement impossible, par leslois de la nature, de prendre sa place. Autrui limite ainsi, indirectement, ma liberté.
Si l'on juge de tels dispositifs bien sophistiqués, il suffit de revenir à la vie de tous les jours pour constater qu'autrui entrave ma liberté. Les vices tels que la jalousie, la honte, ne sont ils pas des phénomènes fréquents, nuisant à ma liberté, et qui ne sont pourtant présent qu'à cause d'autrui ?Dans Madame Bovary, la seule apparition de Charles à Emma la met dans un tumulte profond, emprise de honte, de gêne. Or, ces gênes, par définition, nous sont bien involontaires, que notre Raison ne peut maîtriser. Souffrir de ces vices, c'est affirmer alors la limite de notre liberté.
Mais encore, considérer que c'est par le simple regard d'autrui que notre liberté est limitée, c'est se donner uneinterprétation erronée. Car là encore, c'est également par notre propre regard vis-à-vis d'autrui que notre liberté peut être limitée. Nous désirons sans cesse, sans nous rendre compte des déterminismes qui nous empêchent de contrôler ces désirs.
Car en effet, le désir est mimétique, c'est-à-dire que l'on cherche continuellement à vouloir ce que veut l'autre, l'on cherche à ressembler, à copier,voire à éliminer l'autre. L'homme est donc inscrit dans ce conflit permanent qui consiste en une sorte de " vengeance ". Une chose est d'autant plus désirable qu'elle est désirée par d'autres. Cette idée de violence perpétuelle exclut totalement celle de liberté.
Mais non seulement autrui empêche ma liberté dans le sens ou il me fait apparaître des sentiments que je ne peux maîtriser, mais enplus il me relègue simplement à un rang d'objet. C'est la théorie de Sartre; sa théorie du regard illustre sa position. Imaginons que je sois seul dans un jardin: ma conscience saisit toutes choses comme mes objets ( ce qui est devant moi, devant le je ) exclusifs.
oute apparition d'autrui fait que le monde va se dérober à moi, va m'échapper vers cet autre, va me frustrer d'une présence que jecroyais être pour moi seul. Il me faudra alors compter avec celui là qui voit la même chose que moi, et qui, en plus m'englobe dans sa vision.
Me voici réduit à l'état d'objet; je découvre ainsi que la simple existence de l'Autre constitue une chute pour moi, j'ai honte de ce regard sur moi, j'en perds ma liberté qui s'enfuit là bas, hors de mon vécu. Oui, "l'enfer, c'est les autres"
Il faut...
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