Autrui

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  • Publié le : 1 mars 2011
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Autrui (partie I)
Introduction:

Pourrais-je vivre sans aucune relation avec d’autres humains?
Pourquoi les enfants ne commencent-ils à dire « je » que lorsqu’ils deviennent capables d’intégrer l’expérience et le point de vue de l’autre?
Si j'étais seul au monde y aurait-il un sens à agi, à me conduire bien ou mal dans la vie? Le terme autrui est d'un usage peu courant mais la réalité etles problèmes auxquels il renvoie sont toujours ancrés dans l'expérience commune.

Pourtant, si le souci de placer la conscience de soi ou le « je » passant au cœur de la condition humaine a très tôt constitué un axe majeur de la philosophie classique, la prise en compte des relations intersubjectives et de leur rôle dans la condition de chaque sujet, n'interviendra pas vraiment avant le19eme s, en particulier avec Hegel. Seul la philosophie politique a rencontré plus tôt et en quelque sorte indirectement, cette dimension de l'homme, en interrogeant sur les conditions du passage d'un hypothétique état naturel de l'humanité a la vie sociale organisée (état de nature ≠ Société et Etat)

I. «L’insociable sociabilité »

1.1 Les paradoxes de la condition humaine

Pour reprendre unecélèbre formule de Pascal « l'homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature » qu’une goutte d’eau pourrait tuer. «un roseau pensant», certes mais à quoi lui servirait-il de penser si, à chaque instant sa vie même sa vie était menacé?

→ Premier paradoxe de la condition humaine: nous disposons de facultés uniques (la conscience de soi, la pensée, le langage..) mais nous sommesparticulièrement mal adaptés à l'hostilité de la nature, particulièrement démunis dans la lutte pour la survie face par exemple à des animaux, dotés d'une force physique supérieure à la nôtre. Si l'espèce humaine a avant tout survécu, c'est probablement parce qu'elle a, dès l'origine su composer cette fragilité par la domination intellectuelle de la nature et des autres espèces et, très tôt, inventé desformes de coopération efficaces.

→ D'où un second paradoxe : dans la lutte pour la survie, l'expérience même des autres constitue à la fois une menace et la condition de pénibilité de cette survie, dans une organisation collective, seule en mesure d'imposer presque à tous le respect d'une autre loi que celle du plus fort, la solitude absolue est en effet difficilement concevable :
D'abordparce que survivre seul n'est pas possible.
Sans doute aussi parce que, au-delà de la survie, la vie dans son ensemble n'est pas possible sans l'établissement de relations psychologiques, amicales, morales entre les hommes.

1.2 L'ambivalence des relations humaines

Aux XVII et XVIIIe siècles, les sociétés qui se sont interrogées sur l'origine de la vie en société ont aussi, chacun à samanière, ancré cette interrogation dans une réflexion sur les motivations qui incitent chacun à aimer ou à haïr autrui, à le fuir, à l'attaquer ou à vouloir s'en rapprocher.
Partant de conceptions différentes, voire même opposés, des premières relations entre les hommes, ils apportent des réponses divergentes à la question de savoir à quoi ressemblait (s’il n’a jamais existé) « l’état de nature »antérieur à la naissance des sociétés organisées, ainsi qu’à la question des raisons de la sortie de cet état de nature.
Pour T-HOBBES, dans la cohabitation inorganisée d’individus qui aspirent tous à la satisfaction des mêmes désirs, l’égalité des aspirations se transforme naturellement en rivalité ; la méchanceté se généralise et conduit à « tous contre tous », état « odieux et misérable », puisqu’ilrend précisément impossible la satisfaction des désirs de la plupart des individus. C’est pour fuir cet état naturel de guerre que les hommes seraient devenus sociables par nécessité, contraints à respecter leurs semblables pour voir leurs propres intérêts respectés. (JL7/12/09 TES1)
Contre T.HOBBES, Rousseau développera une tout autre analyse de ces relations : autrui étant d’abord mon...
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