Autrui

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 12 (2889 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 29 mars 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
D) AUTRUI
Le mot « autrui » désigne l’humanité entière, autre que moi-même. Certes, autrui pour nous est souvent constitué des personnes de notre entourage, quartier, école, famille etc. Cependant, il suffit d’aller faire des études supérieures, pour rencontrer des gens issus des sociétés les plus lointaines. Il suffit de voyager à l’étranger pour voir une société et une culturedifférentes. Les guerres, les échanges commerciaux, culturels font se rencontrer les cultures. Nous sommes donc appelés à côtoyer des gens qui ont une culture différente, sans, pour autant être autorisés à les mépriser à cause de leurs différences. Lorsque nous parlons d’autrui, nous parlons du rapport que nous établissons personnellement avec les autres. Autrui n’a de sens que relativement au « moi».
En soi, le mot n’a pas de sens. Ainsi le rapport avec autrui est difficile parce qu’il est autre que moi, tout en étant semblable, à la fois, proche et lointain. Voilà pourquoi les relations avec autrui posent de nombreux problèmes : Autrui est-il mon alter ego ou un être différent de moi ? Sommes-nous liés par des sentiments négatifs ou positifs ? Autrui m’est-il nécessaire et en quoi ?Sommes-nous ensemble par nature ou par culture ?

I – AUTRUI EST-IL MON « ALTER EGO » (AUTRE MOI) OU EST-IL ENTIEREMENT DIFFERENT DE MOI ?

1) - Autrui est-il un autre moi-même (alter ego) ?

Les religions appellent souvent à aimer et aider autrui. Chez le chrétien, l’amour du « prochain » est au cœur des religions, la charité envers le + faible est une nécessitéchrétienne. Dans d’autres religions, l’entraide est fondamentale. En théorie tout est là pour qu’il y ait entraide entre les hommes. Or c’est souvent en prenant conscience que je pourrais être à la place de celui qui souffre, que je comprends qu’il est de mon devoir de l’aider (voir ci-dessous la thèse de Rousseau sur la pitié). Mais si je comprends ce devoir moral, je reste libre de l’appliquer(nous sommes tous logés à la même enseigne) ou de ne pas l’appliquer (chacun pour soi). Voilà pourquoi il est, à la fois nécessaire et dangereux.
- Sa nécessité : reconnaître autrui comme un autre moi-même est nécessaire pour ne pas établir de hiérarchie entre les hommes. C’est le fondement de l’égalité de tous. Mais pourrait-on dire que les hommes ne sont manifestement pas égaux. Physiquement,psychiquement nous sommes tous différents. Cependant nous sommes tous des hommes (êtres humains) et, en tant que tels, nous avons tous les mêmes droits, devoirs (voir DUDH article 1), même si physiquement et psychiquement nous ne sommes pas identiques.
- Sa dangerosité : si l’on confond égalité et identité on traitera d’ « alter ego », uniquement ceux qui pensent comme nous, prient comme nous,mangent comme nous, parlent comme nous, s’habillent comme nous etc. Mais cela va au delà de l’ « alter ego » et débouche forcément sur la hiérarchisation, la discrimination, la xénophobie et le racisme voire le fascisme. Si seuls ceux qui agissent comme moi sont des « alter ego », alors on aboutit vite à l’intolérance et à la phrase de Le Pen « si la bible nous dit d’aimer notre prochain, elle ne nousdit rien à propos de ceux qui sont lointains »…

2) - Autrui est-il différent de moi ?

La reconnaissance de la différence de l’autre a fait l’objet de débats importants ces dernières décennies. Il est certain que certains stéréotypes ou préjugés faisaient des ravages et poussaient à l’assimilationnisme, ce qui signifie se fondre dans une population pour en être accepté.Le modèle de l’ “ american way of life” , qui donnait à tous les américains une image parfaite de ce qu’ils devaient être pour être heureux, était inapplicable dans la communauté noire ou latinos, par exemple. En France il était difficile d’admettre qu’on puisse être français sans être originaire de l’Europe… Cette négation de la multiplicité des cultures à l’intérieur d’une même nation (voir...
tracking img