Autrui

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Pouvons-nous nous comprendre les uns les autres ? De la connaissance à la reconnaissance d'autruipage créée le 16/09/2003 |   |
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| liens associés- comment comprendre les émotions d'autrui ? (notes diverses)  |

PlanINTRODUCTIONI- Le traitement d’autrui dans la philosophie moderne (philosophie de la conscience) : autrui comme autre conscience ou subjectivité.II - Sartre : l’autreest indispensable à mon existence.A-L’existentialisme est un humanisme : autrui, condition de la conscience de soi.B- L’intersubjectivité et le duel des consciences.III- Le problème de la reconnaissance d'autruiA- autrui comme personneB- L'humanité en questionC- Le respect des différences : la tolérance.ConclusionBibliographie |
 

INTRODUCTIONNote introductive: Nous serons menés ici à voirque la conception cartésienne de la conscience comme pure intériorité, comme "citadelle intérieure", est de nouveau à dépasser."Autrui" est un terme abstrait, qui est dérivé du terme latin "alter" (autre, étranger, différent). Autrui, pour parler généralement, c'est cet autre ou ces autres avec qui je vis, que je rencontre, etc.Les questions que se posent les philosophes à son sujet sont 1)épistémologiques et 2) ontologiques, i.e. :1) peut-on connaître autrui? Le connaît-on immédiatement ou médiatement?2) qu'est autrui, comment le penser?Nous verrons que c'est la réponse à 2) qui déterminera la réponse à 1). Qu'est donc autrui? Comment le penser? Dire que la réponse à cette question ne va pas de soi, c'est déjà rendre compte de la généralité de notre esquisse de définition d'autrui ("l'autreou cet autre avec qui je vis").En effet, répondra-t-on qu'autrui, c'est un autre sujet, un autre moi, une autre conscience? Mais cette réponse suppose déjà toute une conception philosophique de l'homme, celle, en l'occurrence, que l'on trouve à partir de Descartes. Pour lui, nous sommes des sujets, des consciences, qui ne connaissons le monde qu'à partir de nous-mêmes, de notre point de vue"subjectif", et qui par suite se suffisent entièrement à eux-mêmes. Conséquence : autrui est, on le verra, un problème, à la fois au sens 1) et au sens 2). Répondra-t-on alors à ce point de vue cartésien qu'autrui, c'est un autre "homme", tout simplement? Que c'est mon semblable, mon frère, mon prochain ? Et que, par conséquent, autrui ne fait pas problème, ni ontologiquement, niépsitémologiquement?Mais ce n'est en fait pas plus simple : d'abord, en effet, nous verrons que l'idée de genre humain est lourde de sous-entendus; ensuite, on se demandera si le fait de dire qu'autrui, c'est et ce n'est que mon semblable, ne revient pas en fait à méconnaître autrui, à la fois au sens où je ne le connais pas réellement en tant qu'autre, et au sens où je ne le respecte pas en tant que tel, dans sadifférence.Bref : autrui est un réel problème, qui est la difficulté de penser à la fois le même et l'autre.I- LE TRAITEMENT D’AUTRUI DANS LA PHILOSOPHIE MODERNE(PHILOSOPHIE DE LA CONSCIENCE) : AUTRUI COMME AUTRE CONSCIENCE OU SUBJECTIVITÉ C’est pour la philosophie moderne, inaugurée par Descartes, qu’il y a un problème d’autrui (ce problème sera celui, celui à la fois de son existence, et de saconnaissance). 1) Rappel : le cogito cartésien Cf. analyse des deux premières méditations. Descartes nous a dit que la vérité première, celle qui résiste à tous les efforts du doute le plus extravagant, i.e., au malin génie, c'est le cogito, i.e., "je pense, donc je suis". Conséquence n°1 : je ne suis assuré que de l'existence de ma conscience; tout le reste est incertain. "Tout le reste", i.e. : le mondeextérieur, mais aussi, les autres."Incertain", i.e. : je ne sais pas si autre chose que moi existe réellement à part des idées que j'en ai, et je ne sais pas si c'est tel que ça m'apparaît immédiatement. Et seule la certitude que Dieu existe, qu’il est "vérace", peut lever l’hypothèse d’un malin génie et me garantir que cette forte propension que j’ai à croire en l’existence du monde et...
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