Aux origines du coran

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Alfred-Louis de Prémare, Aux origines du Coran. Questions d’hier, approches d’aujourd’hui, édition Téraèdre, Paris, juin 2004.

Rédigé dans le cadre d’une collection intitulée « l’islam en débat », cet ouvrage fait état des questions qui font problème autour du Coran, référence première de la communauté musulmane.

Dans le premier chapitre, de Prémare s’intéresse donc aux débats sur leCoran. Il en rappelle les principales étapes de constitution, ainsi qu’elles apparaissent dans les sources arabes :

- Mi viiè, apparition dans différents points du territoire de la conquête arabe et circulation de collections coraniques différentes.

- Sous ‘Uthmān, calife de 644 à 656, imposition d’une collection d’écrits réalisés à Médine.

- Sous Mu’awiya (661-680), interventionofficielle pour mettre fin aux dissensions.

- Sous ‘Abd al-Malik (685-738), correction apportée à la recension de Médine sous le contrôle de ḤHajjāj ibn Yūsuf, le gouverneur le plus important de l’empire. Corrections : voyellisation et point diacritique.

- Sous al-Mahdī (775-785), envoi à Médine d’un codex coranique pour le substituer à celui d’al-Hajjāj.

- Mi xè, sélection devariantes de lectures autorisée. Les autres recensions sont proscrites.

Aujourd’hui, la référence du monde entier est le Coran dans son édition du Caire 1923, réalisé sur la base d’une des sept lectures traditionnelles, celle de Kufa.

La constitution des textes coraniques fait l’objet de récits qui circulent dès la première moitié du viiiè siècle, nous en avons connaissance par desrecompositions tardives transmises par des compilateurs du ixè siècle. Ces derniers écrivent dans un contexte d’expansion militaire et de consolidation politique. Cependant, malgré les conflits politiques dont ils se font écho, ces récits impliquaient aussi que l’on se posait des questions importantes d’ordre religieux. Ces récits constituent le matériau premier pour les chercheurs contemporainss’intéressant à l’histoire du Coran. Les débats contemporains sur le Coran se situent dans le cadre de la recherche moderne sur les textes religieux. Les affirmations confessionnelles traditionnelles sont mises à distance et les textes religieux sont considérés comme de « simples » textes littéraires. Cette recherche critique se sert des outils que sont les méthodes d’analyse philologique, littéraireet historique et nait dans le milieu orientaliste allemand de la fin du xixè siècle. Gustave Weil et Nöldeke en sont les principaux artisans. Ils s’appuient sur leur connaissance de la langue arabe mais également des autres langues sémitiques pour étudier le texte coranique et tenter d’en reconstituer l’histoire. Pour eux, le Coran était un document historique sur les débuts de l’islam et laréférence première sur la biographie de son fondateur. Or, le Coran ne contient aucun élément sur son histoire et n’apporte aucune précision historique évènementielle. Les noms propres comme « Muhammad », « La Mecque », « Médine » (ou Yathrib) sont quasiment absents du texte : « ils se comptent respectivement sur les doigts d’une main » (p.19). Rien n’est dit sur les Compagnons du Prophète ou sur desévènements historiques des débuts de l’islam connus par ailleurs. Le Coran est le contraire d’une histoire. Les chercheurs s’intéressent également à la littérature traditionnelle constituée principalement par les hadiths et les récits de compilation. La fiabilité de ces sources fait débat et ce dès le ixè siècle en islam. Il en sera question plus loin dans l’ouvrage. Aujourd’hui, les débats s’organisentautour de cette question : « en l’absence de précision proprement historique dans les textes du Coran, d’où tenons-nous que celui-ci représente totalement et absolument la prédication de Muhammad au Hedjaz durant le premier tiers du viiè siècle ? » Uniquement des récits traditionnels appartenant au Hadith dont la fiabilité en tant que document d’histoire est douteuse. C’est plutôt en tant...
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