Avis sur le programme de ses en première

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1756 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 6 octobre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Je voudrais réagir sur la citation qu’a faite Alain Beitone de Philippe Cibois. Je la retranscrits ici.

« En effet, la pratique du sociologue aujourd’hui consiste dans beaucoup de cas à étudier non pas la société dans son ensemble mais des groupes sociaux, qu’ils soient institutionnalisés ou non : on peut s’intéresser au fonctionnement d’une maison de retraite, à un groupe de supporters oud’alcooliques anonymes, à des sous-populations comme des caissières de supermarché, des traders, des gardiens de prisons ou des spectateurs de théâtre contemporain, à des quartiers en forme de ghettos ou à l’aristocratie des beaux quartiers.
Ce qu’ont en commun ces études, c’est la méthode pour les aborder qui passe par l’immersion, l’écoute tout azimut sans théorie préalable, la description précisesans catégorisation de départ, un journal d’observation, des entretiens informels largement nécessaires avant d’envisager des formulaires plus formalisés. Dans cette manière d’aborder des personnes, l’observateur doit prendre conscience de sa propre place, cerner les enjeux de la situation, repérer les types, les abstraire en types idéaux, formuler des théories à moyenne portée adaptées à dessituations particulières et ne pas chercher à plaquer des théories générales. Selon les cas on peut aussi faire de la réexploitation de grosses enquêtes déjà existantes et accessibles comme l’enquête ESS (European social survey) et il existe aussi des logiciels libres pour les traiter.
On ne trouve pas ce genre de choses dans les programmes car les groupes (comme la famille) ne sont pas étudiés eneux-mêmes mais comme instances de socialisation. Ce qui est d’abord étudié c’est la structure sociale, la stratification sociale, la dynamique des inégalités, les classes sociales et les rapports sociaux, les rôles, les statuts sociaux.
On voit bien pourquoi il en est ainsi : l’étude de la population active, de la classification socioprofessionnelle, de la consommation et des modes de vie sont desobjets qui sont aussi objet d’étude pour l’économie en général, et l’Insee en particulier. De plus leur importance sociale comme "problèmes de société" en fait une priorité citoyenne, mais ce dont nous voudrions vous faire prendre conscience, c’est que d’abord, ils ne sont plus au cœur de la démarche sociologique actuelle et qu’ensuite, ils prêtent le flan aux critiques dans le style d’un titre durapport Guesnerie comme "sociologie souvent trop abstraite, trop déterministe, trop compassionnelle". »

Il apparaît donc une double argumentation ici. Premièrement, l’entrée en matière de l’étude de la sociologie par les réseaux sociaux et les groupes sociaux dans les nouveaux programmes « collent » davantage à la réalité des travaux menés en sociologie aujourd’hui. Deuxièmement, il est avancéque la sociologie telle qu’elle est enseignée dans les désormais anciens programmes est une sociologie « trop abstraite, trop déterministe, trop compassionnelle ».

Concernant le premier point, j’avoue que j’aurais plutôt tendance à me réjouir du fait que les concepteurs des programmes tiennent compte de l’évolution des travaux sociologiques pour adapter les programmes d’enseignement dusecondaire. Cela me paraît à la fois souhaitable d’une part pour que nous, enseignants du secondaire, nous actualisions nos connaissances et que nous tenions compte de ces évolutions dans notre enseignement, d’autre part pour que la « distance » entre les questionnements proposés aux élèves du secondaire et les questionnements proposés dans les cycles supérieurs aux étudiants (universitaires notamment)soit maintenue à un « niveau acceptable ». Evidemment, l’idée d’un « niveau acceptable » contient une part de subjectivité qui fait d’ailleurs qu’il existe des débats entre nous, débats que je trouve très nécessaires dans le cadre de la consultation sur les nouveaux programmes de première. En ce sens donc, je me réjouis plutôt de l’introduction des notions de réseaux et de la force des liens...
tracking img