Bac blanc

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  • Publié le : 1 juillet 2010
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Pour le mercredi 7 juillet 2010

OBJET D’ETUDE : CONVAINCRE, PERSUADER, DELIBERER

DOCUMENTS

A – MONTESQUIEU, Les Lettres Persanes, Lettre XII, (1721)

B – VOLTAIRE, Candide ou L’optimisme, (1759)

I. Vous répondrez d’abord aux questions suivantes (4 points) :A quels procédés (énonciation, lexique, construction des phrases, registre(s), figures de style...) les écrivains desdocuments A et B ont-ils recours pour faire partager au lecteur leur vision d’une société utopique ?

II. Vous ferez le commentaire littéraire du texte de Montesquieu ou de Voltaire (Document A ou B).

DOCUMENT A
|« Les Troglodytes » | |
|Usbek au même, à Ispahan| |
|Tu as vu, mon cher Mirza, comment les Troglodytes périrent par leur méchanceté même, et furent les victimes de leurs propres injustices. De tant de| |
|familles, il n’en resta que deux qui échappèrent aux malheurs de la Nation. Il y avait dans ce pays deux hommes biensinguliers : ils avaient de | |
|l’humanité ; ils connaissait la justice ; ils aimaient la vertu. | |
|Autant liés par la droiture de leur cœur que par la corruption de celui des autres, ils voyaient la désolation générale, et ne la ressentaient que | |
|par la pitié : c’était le motif d’une union nouvelle. Ilstravaillaient avec une sollicitude commune pour l’intérêt commun ; ils n’avaient de | |
|différends que ceux qu’une douce et tendre amitié faisait naître ; et, dans l’endroit du pays le plus écarté, séparés de leurs compatriotes | |
|indignes de leur présence, ils menaient une vie heureuse et tranquille. La terre semblait produire d’elle-même, cultivée par ces vertueuses mains. | |
|Ilsaimaient leurs femmes, et ils en étaient tendrement chéris. Toute leur attention était d’élever leurs enfants à la vertu. Ils leur | |
|représentaient sans cesse les malheurs de leurs compatriotes et leur mettaient devant les yeux cet exemple si triste ; ils leur faisaient surtout | |
|sentir que l’intérêt des particuliers se trouve toujours dans l’intérêt commun ; que vouloir s’enséparer, c’est vouloir se perdre ; que la vertu | |
|n’est point une chose qui doive nous coûter ; qu’il ne faut point la regarder comme un exercice pénible ; et que la justice pour autrui est une | |
|charité pour nous. | |
|Ils eurent bientôt la consolation des pèresvertueux, qui est d’avoir des enfants qui leur ressemblent. Le jeune peuple qui s’éleva sous leurs yeux| |
|s’accrut par d’heureux mariages : le nombre augmenta, l’union fut toujours la même ; et la vertu, bien loin de s’affaiblir dans la multitude, fut | |
|fortifiée, au contraire, par un plus grand nombre d’exemples.| |
|Qui pourrait représenter ici le bonheur de ces Troglodytes ? Un peuple si juste devait être chéri des dieux. Dès qu’il ouvrit les yeux pour les | |
|connaître, il apprit à les craindre, et la religion vint adoucir dans les mœurs ce que la nature y avait laissé de trop rude. | |
|Ils instituèrent des fêtes en l’honneur des dieux : les jeunes filles ornées defleurs, et les jeunes garçons les célébraient par leurs danses et | |
|par les accords d’une musique champêtre. On faisait ensuite des festins où la joie ne régnait pas moins que la frugalitC’était dans ces assemblées | |
|que parlait la nature naïve ; c’est là qu’on apprenait à donner le cœur et à le recevoir ; c’est là que la pudeur virginale faisait en rougissant | |
|un aveu surpris,...
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