Bac fr 2005

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  • Publié le : 26 juin 2010
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C O R R I G É

Attention ! Les indications en couleur ne sont qu’une aide à la lecture et ne doivent pas figurer dans votre rédaction. La réponse ici est presque exhaustive. À l’examen, il faudrait la réduire en choisissant seulement quelques points. Les quatre textes « couvrent » cinq siècles de littérature : le sonnet de Du Bellay date de la Renaissance, « Le mie prigioni » de Mussets’inscrit dans le mouvement romantique, « À la Santé » d’Apollinaire ouvre le XXe siècle et le poème d’Albertine Sarrazin a été écrit en plein XXe siècle. Malgré cet écart dans leur date de composition, ils présentent de nombreux points communs.

Entre poésie et autobiographie ; la poésie pour rendre compte de l’enfermement
Tous tournent autour d’une expérience difficile à vivre – exil ou détention –génératrice pour leur auteur d’un sentiment d’enfermement et de souffrance. Ainsi, les quatre auteurs donnent à leur poème une structure qui, par la mise en page même, rend compte de cette impression et ont recours aux ressources des vers réguliers pour Du Bellay et Sarrazin, irréguliers pour Musset et Apollinaire. Du Bellay n’a pas été à proprement parler incarcéré, mais il ressent son séjour à Romecomme un emprisonnement, la comparaison du dernier vers de son sonnet le souligne : déçu par son séjour à Rome où on le charge du « ménage » (c’est-à-dire de l’intendance), il ressemble au « prisonnier maudissant sa prison ». La forme même du sonnet, contraignante, est l’image de cet enfermement, et cette forme fixe rend compte de ses quatre années de solitude. Les trois autres poètes ont étéemprisonnés au sens propre : Musset pour s’être dérobé au service de la Garde nationale, Apollinaire pour une affaire de vol de statuettes, Albertine Sarrazin pour un vol de vêtements. Dans « Le mie prigioni » de Musset, l’alternance des tétrasyllabes et des octosyllabes, les rimes croisées peignent aussi un univers renfermé ; Apollinaire choisit de rendre compte de cette incarcération par la formemême de son poème : divisé en six « unités » poétiques inégales, il donne l’impression de petits compartiments refermés sur eux-mêmes, isolés. Albertine Sarrazin dispose son poème, lui aussi en rimes embrassées, en un bloc compact. Par ailleurs, les quatre textes sont à la croisée de deux genres : la poésie et l’autobiographie (les indices personnels de la première personne y sont abondants). Ilsconsacrent la puissance évocatrice de la poésie, particulièrement apte à rendre compte de la souffrance intime.
© Hatier 2007

réécritures

L’autobiographie

Le roman

Convaincre…

Le théâtre

La poésie

EN PRISON : « CHANTER SON MAL… » • QUESTION • SUJET

5

EN PRISON : « CHANTER SON MAL… » • QUESTION • SUJET

5

L’expression d’un état d’âme identique
L’omniprésence du tempset le regret
Les quatre poèmes accordent une large place au malaise lié au temps, générateur d’ennui. Les poètes donnent une impression d’étirement du temps ou de perte de temps par des moyens divers : Du Bellay choisit l’anaphore « Ainsi » répétée à six reprises ; Musset mentionne la « semaine », puis « l’automne » (v. 33) et retrace implicitement le cours d’une journée – du matin (v. 15) ausoir (v. 36) ; Apollinaire occupe tout un vers avec la répétition de « Tournons » – qui fait penser à un manège –, alors que « Toujours », isolé, rend compte du temps infini ; Sarrazin, dès le premier vers, fait allusion aux « mois » interminables et, au vers 2, elle reprend le mot « nuits » par « minuits ». Le temps verbal dominant, le présent, ainsi que le rythme même des vers concourent à ceseffets. Ce malaise s’accompagne d’un sentiment de regret : regret de son pays (le titre du recueil de Du Bellay le montre bien), regret du temps passé chez Albertine Sarrazin (« c’est la voix maternelle un soir ») et Apollinaire (« Adieu […] Ô mes années… »), regret de l’erreur commise chez Musset (« il vaut mieux monter sa garde… »).

Hypersensibilité : les sens aiguisés, les sentiments...
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