Balzac

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  • Publié le : 15 mars 2010
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Le colonel Chabert est l'un des premiers romans  de Balzac. Il a été publié au printemps 1832 sous le titre L’Artiste.

Résumé

Paris, février 1818, peu de temps avant la chute de l'Empire, l’avoué Derville reçoit la visite d'un vieillard misérablement vêtu. Il assure être le colonel Chabert, passé pour mort,  à la bataille d’Eylau en 1807. Il avait alors contribué à la victoire en conduisantune charge de cavalerie devenue célèbre. Le vieil homme raconte comment, se réveillant dans un fossé entre des cadavres, il a survécu miraculeusement à ses blessures. Il revient dix ans après et souhaite réclamer son titre, faire valoir ses droits et revivre avec sa femme. Or celle-ci , durant son absence, s’est remariée avec le comte Ferraud. Mais celle-ci le repousse et refuse de reconnaîtreson ancien mari. L’avocat accepte d’aider le colonel en proposant une transaction à son ancienne épouse. Par dignité, Chabert refuse cet arrangement et disparaît. Repoussé par sa femme, condamné pour vagabondage, Le colonel Chabert finira misérablement sa vie à l’asile.
Déroulement :
L'exposition est trop longue tandis que le drame est extrêmement bref, sans détails ni commentaires. Ce n'est passimplement que Balzac n'a pas pu ou voulu établir des proportions plus égales, ce n'est pas non plus qu'il se soit complu dans l'abondance de la préparation ou la minutie de la mise en place, c'est que tout est dit et fourni à l'avance pour que la lutte soit impitoyable, inflexible, pour qu'elle se limite à la brutalité des faits. Le comte Ferraud n'existe que par son nom, la comtesse demeure «lafemme sans cœur», Chabert, devenu fou, tombe dans une espèce d'animalité.
Balzac construit et clôt sa nouvelle sur un double renoncement : celui de Chabert et aussi celui de Derville, qui préfère se retirer dans sa campagne et ne plus avoir à faire avec cette société, lui aussi. Du point de vue de l'intrigue, cette fin est frustrante : que Derville n'ait eu ni la volonté ni le plaisir de fairetomber cette femme (simplement par une sorte de devoir moral vis-à-vis de Chabert) est assez étrange. Pour Balzac, Derville est envahi par un sentiment qui est assez comparable à celui de Chabert.

Découpage : La version moderne de la nouvelle ne comporte aucun découpage, mais, du temps de Balzac, différentes versions sont parues qui comportaient des chapitres :
I - ‘’Scène d'étude’’
II - ‘’Larésurrection’’
III - ‘’Les deux visites’’
IV – ‘’La transaction’’
V – ‘’L'hospice de la vieillesse’’.

Chronologie : Elle est nettement établie par des indication précises au début de chacun des chapitres. Chabert vient chez Derville en mars 1819. C'est «environ trois mois, donc en juin 1819, après cette consultation» que le notaire Crottat vient conférer avec Derville pour le paiement de lademi-solde. C'est «huit jours après les deux visites que Derville avait faites»  qu'a lieu la rencontre des deux époux. Chabert passe «trois jours» à Groslay. En décembre 1819, Derville réclame en vain à la comtesse le paiement de ses honoraires et de ses frais. En 1822, il rencontre au Palais le vagabond Hyacinthe. Le dénouement nous est livré dans une scène isolée par une formidable accélération dutemps de l'intrigue puisque c'est «en 1840, vers la fin du mois de juin» que Derville et Godeschal se rendent à «l'Hospice de la vieillesse» et y rencontrent Hyacinthe.

Point de vue : Balzac est un narrateur objectif, omniscient, qui a le point de vue de Dieu, mais qui peut donner aussi la vision du personnage : la description de l'étude (un morceau typiquement balzacien) ne vient que lorsqueChabert entre en scène ; le lecteur la découvre alors comme il la voit.

Focalisation : À part le long préambule quelque peu inutile qu'est la scène de l'étude, la focalisation est constamment maintenue sur Chabert.

Intérêt littéraire

On peut juger du style de Balzac par cet extrait qui est un portrait du colonel Chabert au moment de sa rencontre avec Derville :
«L'ombre cachait si...
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