Barbarie

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  • Publié le : 6 décembre 2010
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« La barbarie n’est pas seulement un élément qui accompagne la civilisation, elle en fait partie intégrante. La civilisation produit de la barbarie. »
Edgar Morin

La barbarie n’est pas seulement le reflet d’un être appartenant à un niveau inférieur de l’humanité, un être qui n’est pascivilisé, c’est également un rejet de la culture d’autrui.
Il ne faut alors prendre en compte ce double sens : Dans notre société se maintient une barbarie que malheureusement le progrès de la civilisation n’a pu encore annihiler mais en plus de cela, cette même civilisation a crée une autre forme de barbarie. Cette nouvelle forme de barbarie n’est pas similaire à sa forme plus ancienne (apportéepar les guerres, les massacres, la haine…), ce n’est pas un recul sur le chemin du progrès, mais au contraire elle s’y est associé pour redoubler d’intensité, celle-ci ce caractérisant par une société industrielle basée sur le profit, la logique de rendement et mettant en œuvre des techniques de pouvoir dont la manipulation pour parvenir ses fins.

« Les camps de concentration, les génocides etles bombes atomiques ne sont pas des rechutes dans la barbarie, mais les résultats effrénés des conquêtes modernes de la technique et de la domination. »[1]

C’est pourquoi selon Morin, la barbarie ne serait pas un élément à part de la civilisation, elle ne serait pas en opposition à celle-ci, il n’y aurait pas la barbarie et la civilisation : il y aurait la barbarie dans une civilisation. Labarbarie serait issue de celle-ci.
En raison de cela, la civilisation ne jouerait plus le rôle de « destructeur» de la barbarie mais au contraire elle serait son essence même. De ce fait la société aurait peu à peu glisser dans une barbarie technologique, politique, scientifique et bureaucratique basée sur une relation de dominant-dominé, réduisant froidement l’homme au niveau de machine àrendement, créant alors une nouvelle forme de barbarie, une barbarie « civilisée ».

Pour commencer nous pourrions prendre en compte Freud, qui avait observé qu’une société civilisée ne pouvait se faire qu’au détriment de l’individu.
En effet si celui-ci veut espérer être accepté au sein d’une société, il doit s’y conformer, c’est pourquoi il n’a de cesse de refouler ses pulsions les plus puissanteset profondes qui sont une nuisance pour autrui et par la même occasion pour la civilisation elle-même.
Car c’est pour sa propre protection que l’homme accepte de concéder certaines de ses envies :

« La renonciation et le report de la satisfaction sont les conditions mêmes du progrès. »[2]

Le bonheur n’est donc pas une valeur culturelle, selon Freud.
Ces désirs refoulées accumulés à grandeéchelle au sein même de chaque individu, ne peut que les transformer progressivement en bombe à retardement prête à exploser.
Ce qui implique que la civilisation devient son propre bourreau, cachant en elle-même une barbarie latente, la conduisant inévitablement à sa perte.

Cependant il est vrai que malgré ce point de vue, l’édification d’une conduite humaine, rationnelle, en un mot civilisée, àconduit l’humanité sur le chemin du progrès jusqu’au XX siècle (d’une manière générale), offrant à l’individu des soins plus appropriés par la médecine, réduisant son travail laborieux par l’exploitation de machine technique et lui donnant par ailleurs plus de temps libre. Mais est-ce que le progrès permanant est-il toujours bénéfique ?
Ne pousse-t-il pas l’homme dans ses derniers retranchementsdans une allure effrénée de consommation inutile ?

Car en effet cette nouvelle forme de barbarie provient du fondement même de notre société : nous vivons dans une société industrielle, capitaliste basée sur une absolue nécessité de croissance économique.
La consommation est devenue la raison principale qui pousse l’homme à travailler, car plus nous consommons plus nous sommes heureux de...
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