Barrage contre le pacifque - la mort des enfants

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  • Publié le : 6 juin 2011
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BCLP : Extrait : La Mort des Enfants
Introduction

• Comme dans d’autres colonies, les paysans formaient la majorité de la population indochinoise, Marguerite Duras s’attache ici à peindre les enfants dans une évocation réaliste qui s’élargit en une vision poétique, où la mort se confond avec un fléau naturel.

I/ Une évocation réaliste
1/ Une masse indifférenciée
• Page = Doc sur lesmœurs du peuple indochinois : écrite par un auteur qui a vécu en Indochine => garantie de l’authenticité, de la chose vue.
• Observation réaliste porte ici sur le nombre et la misère des enfants => le lecteur à se demander en quoi ces petits hommes se distinguent des petits animaux.
• Première impression qui se dégage = Pluriel employé: « les enfants », « ils », « d’autres ».
• A aucun moment l’und’entre eux ne se détache du groupe, en étant, par exemple, désigné par son prénom. Tous les individus sont noyés dans une masse indifférenciée.
• De même, pour leurs parents, Marguerite Duras utilise tantôt le pluriel (« les mères »), tantôt le singulier collectif et l’article défini (« le père creusait ») pour décrire une catégorie d’êtres et un destin collectif. Ainsi les parents ne sont pasplus individualisés que leur progéniture.
2/ Les stigmates de la misère
• Ces enfants portent les stigmates d’une misère qui est, en partie du moins, le corollaire de leur nombre et qui se lit sans la quasi-nudité, la vermine et surtout la faim.
• L’absence de vêtement chez les bébés et les enfants et le vêtement rudimentaire (un pagne) et unisexe qu’ils portent à partir de douze ans, l’âge dela puberté, s’expliquent sans doute par la chaleur des pays de mousson, mais surtout par la misère.
• L’auteur se contente d’indiquer la matière (« cotonnade »), mais ne note ni couleurs ni formes.
• A cette pauvreté durant la vie correspond le dénuement total, semblet- il, dans la mort : « pas de sépulture », peut-être pas même de linceul.
• Les poux sont un autre signe de misère, mais l’auteurne signale leur présence qu’à travers les précautions d’hygiène destinées à limiter leur prolifération (« on rasait ») et la pratique ordinaire de l’épouillage, indiquant par là que la vermine est inévitable.
3/ La faim
• Mais la faim relègue la vermine et la nudité au rang de l’accessoire.
• Si les nourrissons ne semblent guère en souffrir, les enfants un peu plus âgés en sont, en revanche,les victimes.
• L’auteur montre, en effet, qu’ils ne sauraient compter sur l’aide des adultes pour lutter contre elle.
• D’abord l’emploi de l’adjectif « éternelle » comme attribut à « faim » est hyperbolique, puisque rien d’humain n’est éternel : il suggère ainsi une famine endémique et renforce l’effet produit par sa place en fin de phrase et par une allitération en f (« enfants » / « affamés»), qui exprime les affres de la faim.
• Mais Marguerite Duras justifie l’emploi de « éternelle »en évoquant, toujours dans la même phrase, les vagues successives d’enfants, soumis année après année, génération après génération, à la même tentation (les mangues vertes) et voués à la mort.
• Dans ces deux phrases, un rythme particulièrement lent, souligné par les virgules après les compléments detemps (« chaque année ») et de lieu, renforce le caractère chronique du mal.
• Enfin l’absence de toute mention d’une aide quelconque apportée par les adultes signifie que les hommes ne réussissent pas à enrayer ce mal endémique : les indigènes n’arrivent pas à nourrir les enfants qu’ils procréent et les colonisateurs qui manifestent leur dégoût pour le mode d’alimentation des tout-petits (le rizpré-mâché par leur mère) paraissent totalement indifférents à la faim qui tenaille les plus grands.
4/ L’animalisation
• Aussi le lecteur éprouve-t-il de la peine à se départir du sentiment que ces petits hommes sont traités comme les petits des animaux.
• Sans doute l’image « perchés dans les arbres » évoque-t-elle simplement l’un des jeux favoris des enfants.
• Mais des mots comme «...
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