Baudelaire le confiteor de l'artiste lecture analytique

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  • Publié le : 16 juin 2010
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« Le Confiteor de l’artiste » Baudelaire
Lecture analytique

Introduction : *** Troisième pièce du recueil, «  Le Confiteor de l’artiste » exprime la difficulté de la création poétique confrontée au défi que lui impose la nature « rivale ». En analysant ses effets rythmiques et sonores et en dégageant son unité, nous montrerons que cetexte est caractéristique du genre du poème en prose. Après avoir vu comment le texte sous la forme d’une confession, livre une réflexion douloureuse sur la création poétique, exigence de beauté, nous étudierons comment il répond lui-même à cette exigence et devient œuvre d’art.

I) 1) Le choix narratif du poète est indiqué dès le titre « Le Confiteor de l’artiste » qui reprend le premier motlatin d’une prière chrétienne « je confesse », prière par laquelle le croyant avoue à « Dieu tout puissant » qu’il est fondamentalement pécheur. S’ouvre donc ici une confession qui, si elle nous fait entrer dans l’intimité du poète, joint à la simple posture d’énonciation autobiographique une dimension sacrée et l’idée d’une faute.

2) Différents rappels de cette thématique de la confessiontraversent le poème. Nous pouvons relever les noms « solitude », « isolement » dans le deuxième paragraphe qui évoquent l’état du pénitent lors de la confession, seul face à celui qui l’écoute. Le nom « silence » dans le même paragraphe dénote le calme, c.à.d. une atmosphère propre à la méditation, semblable à celle attendue avant de donner l’absolution. Enfin le champ lexical de la douleur, quis’exprime à travers les noms « malaise » et « souffrance » et le verbe « souffrir » rappelle le poids de la culpabilité qui étouffe le pénitent avant sa confession et qui est d’ailleurs une des raisons qui le poussent à se confesser.

3) Plus encore que le lexique, c’est le registre même, lyrique et plus précisément encore élégiaque, qui nous renvoie à la confession. Le « je » est omniprésent. Noustrouvons à deux reprises l’interjection « Ah !» qui marque la douleur et la plainte, plainte qui se reconnaît aussi dans la ponctuation forte du poème. Nous relevons huit exclamations.

II) 1) Si la confession est difficile, c’est que le poète avoue une impuissance créatrice : « L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu. » Le poète avant de conclure sur cetaveu, développe tour à tour les différentes étapes de la création. Le texte débute par deux paragraphes exclamatifs, mettant en relation, tout d’abord un moment et une sensation, ensuite une sensation et un lieu, de manière inversée ; se trouvent alors associés les « fins de journées » et la douleur d’un côté, « un grand délice » et « le ciel et la mer » de l’autre. Les deux exclamations mettent enplace l’idée que le temps et les lieux, la « Nature » captée par la sensibilité est source de sensations et touche profondément l’affectivité. Le champ lexical des  sensations : « pénétrantes », « douleur », « pointe acérée », « délice », « solitude », « isolement », laisse penser que la première relation homme/ monde est de nature sensible. Apparaît alors l’accord profond, extrême entrel’artiste et la Nature. L’adjectif « pénétrantes », répété, les verbes « noyer » et « se perdre » suggèrent l’idée de fusion. La comparaison « comme une petite voile frissonnante… qui imite…» marque la correspondance : le poète voit au sein de la nature un reflet de lui-même. Cette symbiose se fait non seulement au niveau des sensations mais aussi de la pensée « toutes ces choses pensent par moi, ou jepense par elles ». Le poète et la Nature parlent le même langage et les pensées du poète qui semblent bien naître de la sensation « qu’elles sortent de moi où s’élancent des choses », libres des techniques du raisonnement philosophique « sans arguties, sans syllogismes, sans déduction », sans intermédiaire donc, permettent de décrypter un univers de correspondances  et sont prêtes dans un élan...
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