Baudelaire, le serpent qui danse

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  • Publié le : 4 août 2010
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LE LYRISME

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Correction commentaire de texte Le serpent qui danse

Le thème de la femme est présent durant tout le recueil des Fleurs du Mal, elle s'y fait tour à tour être sensuelle et envoûtante, figure maternelle et aimante, mais aussi beauté inaccessible, allégorie de l'absolu. Ce poème le Serpent qui danse est dédié à Jeanne Duval, une desmaîtresses et principales muses de l’auteur, une jeune métisse surnommée la Vénus noire, rencontrée à Paris en 1842. A travers l’animalisation (métaphore animale) du serpent qui danse, Baudelaire sublime Jeanne. Nous verrons dans un premier temps que ce poème est une éloge de la femme aimée, puis nous montrerons qu’il célèbre l’union amoureuse entre l’homme et la femme.

I. Eloge de la femme aimée

A.une déclaration d'amour

1. L'énonciation

Ce poème autobiographique, de deux strophes de quatre vers avec une alternance d’octosyllabes et de rimes croisées imite le rythme de la danse. Expression du moi : le «je» du poète s'adresse à un «tu», la bien aimée, Jeanne Duval, Charles Baudelaire s'adresse donc directement à elle, le tutoiement indique leur intimité.

2. Le registre lyriqueIl permet l’expression exaltée des sentiments du poète. Véritable déclaration amoureuse idéalisée, introduite par l’exclamation « que j’aime ! »
Le poème a un lexique affectif important : « chère indolente »... qui montre une intensité amoureuse. Emerveillement du poète, qui est renforcé par des intensifs : « si beau ». Les sentiments sont exprimés à travers une ponctuation expressive, lesstrophes 1 et 9 se terminent par des points d'exclamation qui traduisent l’intensité du sentiment.

B. L'éloge du corps aimé

1. L'importance du champ lexical du corps

Strophe 1 : vision globale du corps
Strophe 2 : chevelure, symbole de la féminité, thème de l’évasion, du voyage, chers aux romantiques
Strophe 3 : retour sur le poète, comparaison avec le bateau
Strophe 4 : les yeux, reflet del’ambivalence (les 2 facettes de la femme)
Strophe 5 : démarche gestuelle, strophe centrale faisant écho au titre
Strophe 6 : tête, métaphore orientale de l’éléphant, évasion
Strophe 7 : à nouveau vision globale du corps
Strophe 8 : la bouche, symbole de la sensualité de la femme
Strophe 9 : retour sur le poète

Le regard du poète se déplace sur le corps de Jeanne avec un glissement du généralau particulier puis de nouveau au général. On peut rapprocher ce poème de la technique du blason, En poésie : le blason est généralement l'éloge de la beauté corporelle, mais ici Baudelaire fait aussi l'éloge du visage de la femme.

2. Eloge d'une démarche

Le poète semble fasciné par les poses et la démarche de Jeanne : vers 1 « chère indolente » où l'on a l'impression d'une pause lascive etstrophe 5 « à te voir marcher en cadence » où l'on peut percevoir les ondulations de Jeanne. Cette démarche est renforcée par l'hétérométrie du poème, il y a une alternance d'octosyllabes et de pentasyllabes (8-5). Le poème ondule donc comme Jeanne et l'image du serpent vient aussi renforcer métaphoriquement l'image de l'ondulation.

C. La rêverie du poète

1. Un rêve exotique

Jeanneinvite au rêve parce qu'elle incarne l'ailleurs, pour Baudelaire l'idéal absolu. Elle est métisse et pour parler d'elle Baudelaire emploie des références exotiques : « âcres parfum » « le serpent » « l'éléphant ». Tout ces éléments donnent l'impression qu'elle invite le poète à un voyage des sens, tout ses sens sont sollicités, la vue « que j'aime voir », l’odorat : « âcres parfum », le goût : « vinde bohême », le toucher « chevelure profonde », l’ouïe « glacier grondant »…

2. Le voyage du poète

Le poème est traversé par une métaphore filée de la mer et des liquides qui connotent l'évasion, le voyage. Grâce à Jeanne, le poète s'évade : « Comme un navire qui s'éveille au vent du matin ». La destination est indéfinie.

II. L’union amoureuse

A. La progression érotique du poème...
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