Baudelaire servante au grand coeur

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  • Publié le : 6 octobre 2010
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CORRECTION DU COMMENTAIRE DU POEME DE BAUDELAIRE « La servante au grand coeur ».

Très impressionné par l'enthousiasme et le lyrisme des romantiques, fervent lecteur et admirateur de Victor Hugo, Baudelaire tente d'ouvrir une nouvelle voie poétique. Il s'engage dans une réflexion rigoureuse et approfondie sur les fonctions de la poésie. Ainsi fonde-t-il cet art nouveau et moderne qui reposesur une combinaison entre le romantisme et le formalisme. Son grand recueil poétique Les Fleurs du Mal publié en 1857 et sur lequel il a travaillé pendant plus de dix ans révèle l'originalité de l'entreprise poétique de Baudelaire qui fut peu reconnue au moment de sa publication si ce n'est par de jeunes poètes encore mal connus comme Verlaine ou Mallarmé. Pour les autres, ces poèmes dérangent etchoquent et Baudelaire se voit condamné et obligé de retirer certaines pièces. Le poème LXIX « La servante au grand coeur » est extrait de la première section des Fleurs du Mal intitulée « Spleen et idéal ». Ce poème, à la structure simple, donne l'occasion à Baudelaire d'évoquer le souvenir de deux figures féminines marquantes de son enfance : celui de sa servante disparue et celui de sa mère. Ilne se limite toutefois pas à ce seul enjeu autobiographique et épidictique et le dépasse en développant une réflexion lyrique sur la mort. Ainsi, nous étudierons dans un premier temps les résonances autobiographiques de ce poème aux accents lyriques pour développer ensuite la méditation sur la condition humaine.

Dans une évocation lyrique Baudelaire lève un voile sur son enfance.
Ce poèmefrappe d'abord par la simplicité de sa forme : il se compose en effet de deux strophes, une de 14 vers et l'autre de 8 vers, écrites en alexandrins dans un système de rimes suivies. Volonté semble-t-il de faire simple pour donner à entendre la plainte sincère du poète. Mais le « je » ici se veut discret et devient un « nous » qui relie Baudelaire à sa mère. Toute la première strophe estconsacrée à l'évocation de la mort, thème lyrique par excellence. Baudelaire, à partir du souvenir de la servante défunte, se livre à une réflexion sur les morts : le discours se généralise donc comme en témoigne l'emploi d'un présent de vérité générale : « Les morts ont de grandes douleurs », « ils doivent trouver les vivants bien ingrats », ils sentent s'égoutter les neiges... » Cette description trèsréaliste- et Baudelaire de donner à voir les « vieux squelettes dévorés par les vers »- n'en est pas moins un tableau pathétique construit sur une constante opposition entre le « confort » des vivants « dormir chaudement dans leurs draps » et les « grandes douleurs » des morts. Les reprises anaphoriques : deux fois le groupe nominal « les morts » dans le premier hémistiche du vers 4, »les morts,les pauvres morts », trois fois la préposition « sans » dont deux fois dans le même vers au début de chaque hémistiche « Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries » donnent un rythme lancinant à cette vision tourmentée de la mort encore renforcée par les allitérations en [r] qui jalonnent toute la strophe « grandes douleurs » ; « émondeur des vieux arbres »; « l'entour de leurs marbres »;« travaillés par le ver »... L'émotion est encore accentuée par le champ lexical du froid « Octobre », « souffle », « marbres », « neiges », « hiver », « décembre » mêlé à celui de la mélancolie « douleurs », « mélancolique », « noires songeries », « les pleurs ». Par ailleurs, toute la seconde strophe ne constitue qu'une seule phrase interrogative qui traduit l'impuissance douloureuse du poète : il esttrop tard pour réparer les fautes passées, trop tard pour exprimer sa reconnaissance à un être cher disparu que l'on a négligé de son vivant. Seul, le poète ne peut que chanter sa mélancolie.
En effet, la finalité du poème n'est-elle pas justement de rendre un éloge funèbre à la servante qui est devenue une figure de substitution de la mère. C'est elle qui est citée la première et qui...
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