Baudelaire

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  • Publié le : 6 mai 2010
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|Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures |
|Les persiennes, abri des secrètes luxures, |
|Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés |
|Sur la ville et les champs, sur les toits et lesblés, |
|Je vais m'exercer seul à ma fantasque escrime, |
|Flairant dans tous les coins les hasards de la rime, |
|Trébuchant sur les mots comme sur les pavés, ||Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés. |
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|Ce père nourricier, ennemi des chloroses, |
|Eveille dans les champs les vers comme les roses ;|
|II fait s'évaporer les soucis vers le ciel, |
|Et remplit les cerveaux et les ruches le miel. |
|C'est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles |
|Et les rendgais et doux comme des jeunes filles, |
|Et commande aux moissons de croître et de mûrir |
|Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir ! |
|Quand, ainsi qu'un poète, il descend dans les villes,|
|II ennoblit le sort des choses les plus viles, |
|Et s'introduit en roi, sans bruit et sans valets, |
|Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.Tableaux Parisiens, LXXXVII |
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|Je veux, pour composer chastement mes églogues, |
|Coucher auprès du ciel, comme les astrologues, |
|Et, voisin des clochers, écouter en rêvant |
|Leurs hymnes solennels emportés par le vent.|
|Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde, |
|Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde ; |
|Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité, |
|Et les grands ciels qui font rêver d'éternité.|
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|II est doux, à travers les brumes, de voir naître |
|L'étoile dans l'azur, la lampe à la fenêtre, |
|Les fleuves de charbon monter au firmament |
|Et la lune verser sonpâle enchantement. |
|Je verrai les printemps, les étés, les automnes ; |
|Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones, |
|Je fermerai partout portières et volets |
|Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais....
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