Baudelaire

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  • Publié le : 7 mai 2010
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Baudelaire est né en 1821 et meurt en 1867. Il ouvre une voie à la poésie moderne.Dans Les fleurs du mal publié en 1857, il exprime à la fois son aspiration à l’amour absolue, à la beauté absolue ce qu’il appelle l’idéal et une mélancolie un sentiment aigue de l’imitation, d’impuissance et finalement d’ennui: le spleen. Dans la section « Tableau parisien », il explore cette double sensation dansle contexte particulier de la ville moderne, immense, monstrueuse, insaisissable. Nous allons donc étudier A une passante qui est un sonnet en alexandrin.
LECTURE
Nous allons voir en quoi ce poème exprime un sentiment moderne, celui de ne rien pouvoir saisir ou retenir.
Nous verrons d’abord comment est caractérisée cette femme, comment elle apparait dans le poème puis nous verrons soncaractère mystérieux qui fait d’elle un personnage clé unique.
Mystérieuse simple passante, ou bourreau des cœurs ?

a) L’image ambivalente de la Femme (étude du portrait de la passante) : pour Baudelaire, il semble que la femme soit à la fois attirante et effrayante.

· Le portrait physique : élégance aristocratique et beauté sculpturale.
La description de la passante insiste sur sonélégance : son allure générale est « majestueuse » ; le geste de sa main évoque le faste, c’est à dire le luxe (« fastueuse ») ; au vers 5, elle est encore qualifiée par l’adjectif « noble ». L’habillement est celui d’une bourgeoise : elle porte une robe longue, qu’il faut soulever pour éviter que l’ « ourlet », c’est à dire le bas de la robe, traîne par terre ; un « feston », c’est à dire une pièce debroderie, orne cet ourlet ; elle est « en grand deuil », c’est à dire tout habillée de noir, mais l’expression connote aussi l’idée d’un vêtement somptueux.

La description suggère aussi la perfection physique : sa silhouette est élancée (« longue, mince »), son corps est à la fois sculptural (« jambe de statue ») et « agile » : deux qualités presque opposées, qui évoquent unebeauté parfaite. L’expression « fugitive beauté » confirme cette image d’une femme incarnant pour l’auteur l’Idéal féminin.

· Le portrait moral : douceur et cruauté.

Le portrait moral (vers 5 et 6) confirme ce que le portrait physique faisait déjà pressentir : sa grande beauté semble rendre cette femme intimidante, presque effrayante, pour l’auteur. Les termes moraux utilisés par l’auteurpour décrire la passante reposent sur des antithèses : « son œil » (le regard est traditionnellement considéré comme le miroir de l’âme plutôt que comme un trait du physique extérieur) est comparé à un « ciel », qualification positive, mais un « ciel livide où germe l’ouragan », c’est à dire à un ciel d’orage. Le désir qu’elle provoque chez le poète (« douceur » , « plaisir ») est associé à uneidée de mort : « le plaisir qui tue ». La symétrie (2 fois : nom + proposition relative) du vers 6 : « La douceur / qui fascine // et le plaisir / qui tue » traduit bien cette ambivalence. Elle est à la fois Eros et Thanatos. Est-ce tout à fait par hasard si la rime riche des vers 2 et 3 fait entendre à deux reprises le mot « tueuse » ?

Conclusion / Transition : Donc, la conception générale de laFemme qui se dégage du poème est celle d’un être ambivalent : admirable, infiniment désirable, presque divinisé (comparé à une « statue »), mais produisant sur l’homme qui tombe sous son charme un sentiment de crainte, une sorte de terreur sacrée devant une divinité aux pouvoirs quelque peu maléfiques. Cette image très subjective s’explique sans doute par la conception de l’amour développée par lepoème, un amour idéalisé, et donc hors de portée et nécessairement douloureux.

b) Une allégorie de l’inaccessible Idéal (étude des réactions du narrateur) :

Dans le climat intérieur dépressif qui est le sien (le « Spleen » baudelairien) le narrateur perçoit la rencontre avec la passante comme un événement quasi surnaturel (l’ « Idéal » baudelairien »).

· Le...
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