Beaumarchais

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  • Publié le : 24 avril 2010
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Commentaire : Beaumarchais Le Barbier de Séville, acte III scène 11.
Exemple de commentaire rédigé

Important : il est évident que ce commentaire, par son contenu, reflète une connaissance de l’œuvre intégrale que le commentaire littéraire à l’écrit du bac ne permet pas puisque le texte y est donné de façon isolée. Il convient aussi de considérer qu’un texte littéraire est souvent suffisammentriche que plusieurs analyses soient possibles.

La Révolution française allait se déclarer une quinzaine d’année plus tard quand Beaumarchais, le célèbre dramaturge du siècle des Lumières a créé Le Barbier de Séville. L’époque était à la montée des tensions et certaines se reflètent dans cette comédie dont le sujet est pourtant très banal : l’amour de deux jeunes amoureux, Rosine et le comteAlmaviva, est contrarié par les prétentions d’un vieux barbon, Bartholo mais Figaro un adjuvant providentiel vole au secours des jeunes gens. Dans l’extrait étudié ici, Figaro a introduit le comte chez Bartholo en dressant un subterfuge mais l’arrivée impromptue du maître de musique Don Bazile bouleverse ses plans. Tous les personnages sont réunis et la tension est si forte que l’on peut se demandercomment cette scène peut-être comique. Sans doute, la situation de quiproquo est-elle propice au comique mais nous verrons que ce registre prend dans la scène de multiples dimensions.

Cette scène est essentiellement construite à partir d’une situation de quiproquo sur laquelle repose en grande partie le comique. La surprise de l’arrivée de Bazile représente un coup de théâtre et un risque pourtous. En effet, c’est une surprise pour les personnages comme pour le public puisque le scénario inventé par le Comte et Figaro le prétend malade et c’est le Comte, rebaptisé Alonzo pour la circonstance et supposé être son élève qui le remplace… d’où l’épouvante du Comte, de Rosine et de Figaro à son arrivée : les trois premières répliques sont ainsi très courtes, de trois syllabes chacune,constituées de trois exclamatives, deux phrases nominales, le nom de Bazile puis un juron, et d’une proposition minimale dans laquelle Figaro évoque « le Diable ». Cette évocation fait écho à celle de Bartholo parlant de Figaro dans l’III, scène 2 « Le diable est entré chez moi ». L’hyperbole correspond cette fois au rôle dramaturgique de Bazile, le traître vénal que sa vénalité perdra et fera de luil’instrument de la duperie de Bartholo. Or si Bazile parle et dit ne pas avoir été malade et ne pas connaître Alonzo, Bartholo découvrira l’imposture imaginée par Figaro. La surprise est ainsi à l’origine d’une grande émotion chez les personnages en scène et surtout des plus mal informés.
Les protagonistes sont en effet inégalement informés : Le Comte, Rosine et Figaro ainsi que le public saventqu’Alonzo est déguisé : ils jouent à Bartholo la comédie du prétendu Alonzo. Toutefois Rosine ignore la véritable identité du faux Alonzo, qu’elle prend pour Lindor et elle ignore qu’il a lui-même mis dans les mains de Bartholo la lettre qu’elle lui avait adressée. Figaro quant à lui ignore certains détails étrangers au scénario mis au point avec le Comte, c’est ainsi qu’il a été surpris parl’évocation des bonbons de la petite Figaro dans la scène 5 ; en particulier il ignore que le Comte a donné la lettre de Rosine à Bartholo. Bartholo enfin sait, grâce à cette lettre, que Rosine a écrit au Comte Almaviva, dont Figaro est le complice ; il pense que le Comte a quitté la ville ; il croit en l’identité d’Alonzo et espère confondre Rosine avec l’aide de ce dernier qu’il prend pour un allié.Seul Bazile… ignore tout comme le montrent ses questions successives et la didascalie qui accompagne sa deuxième question : « regardant tout le monde » puis son exclamation de surprise : « Tout le monde est dans le secret ». Ces divers degrés d’information sont à l’origine de malentendus que la communication ne parvient pas à lever.
En effet, bien que cette scène soit entièrement dialoguée,...
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