Beckett - en attendant godot - acte ii scène ii

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 12 (2818 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 29 octobre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
DOUET Xavier LOIZON Thomas

Samuel Beckett, En attendant Godot
Etude du début de l’acte II jusqu’à « tu l’as rêvé »

Problématique : Les personnages, Vladimir et Estragon, dépassent-ils dans cet extrait le sentiment de l’absurde ?

Ce texte est un extrait de la pièce de théâtre Enattendant Godot de Samuel Beckett. Pièce créée et publiée en 1953 qui s’inscrit dans théâtre de l’absurde. La pièce comporte 2 actes et l’extrait est situé au début du deuxième acte. Vladimir et Estragon, nos deux héros vagabonds, se retrouvent et poursuivent leur dialogue sans queue ni tête, absurde. Albert Camus, dans le mythe de Sisyphe, définit l’absurde tel que : « si j’étais arbre parmi lesarbres, je ferais parti de se monde. Je serais se monde auquel je m’oppose maintenant par toute ma conscience et par toute mon exigence de familiarité … Et qu’est ce qui fait le fond de se conflit, de cette fracture entre le monde et mon esprit sinon la conscience que j’en ai ». Camus affirme ici que la conscience humaine nous oppose fondamentalement au monde, l’être végétal est lui, dans le mondeet l’absurde provient de cette fracture entre le monde et l’esprit.
On peut se demander si les personnages, Vladimir et Estragon, peuvent-ils dépasser se sentiment d’absurde.
Dans une première partie nous étudierons l’espace et le temps puis nous aborderons dans la deuxième partie le couple Vladimir-Estragon. Enfin, dans la troisième parti, nous nous pencherons sur la condition humaine despersonnages.

I) L’espace et le temps

A) Un espace indéfini

La première didascalie : « même endroit », nous renvoie au premier acte c'est-à-dire : « route à la campagne, avec arbre ». Cette Didascalie très simple et très épurée est représentative d’un endroit commun, banal. Une route de campagne avec un arbre est loin de sortir de l’ordinaire. Beckett est ici à contre courant desnormes du théâtre classique dans lequel la précision du lieu est essentielle. L’absence d’autres informations, nous indique que le décor est nu. Cette pauvreté du décor, une route et un arbre, suscite chez le spectateur un sentiment d’inquiétude : nous n’avons qu’un seul point de repère, on est face à un no man’s land, loin de toute société humaine. La description de l’espace se fait donc aussi demanière implicite. L’atmosphère constituerait un décor essentiel. Celle d’un lieu froid, désert, inquiétant, effrayant qui amène à se demander s’il existe un monde au-delà de cet espace, au-delà de l’espace scénique. L’existence de se monde semble se justifier par l’absence de Vladimir et d’Estragon entre l’acte I et l’acte II. Or, le va et viens de Vladimir, décrit par une longue didascalie, sembleau contraire révéler que l’espace se réduit à l’espace scénique : « Il s’arrête près de la coulisse droite … s’arrête près de la coulisse gauche ». A travers cette didascalie, Beckett met le lecteur dans la confidence de la mise en scène lui révélant que l’espace se limite à la scène.

B) Un temps déréglé

De même, comme pour l’espace, le temps renvoie à l’acte I : « lendemain. mêmeheure ». Ce temps semble plus cyclique que linéaire. L’acte II peut se penser comme une répétition de l’acte I « même heure ». Là encore, la pièce se déroule le soir. Beckett ne respecte donc pas l’unité de temps. De plus, le mot « lendemain » n’indique pas grand-chose si on ne connait même pas le jour de référence. Il pourrait y avoir eu plusieurs cycles, plusieurs lendemains entre l’acte I etl’acte II. Le temps dans l’extrait semble comme déréglé : soit il ne passe pas, soit il passe d’un coup. Le lieu semble figé, le temps piétine : le temps à comme été figé entre l’acte I et l’acte II si bien que l’on se retrouve à la « même heure », au « même endroit ». Or un élément contraste nettement avec cette idée : « l’arbre porte quelques feuilles ». Ce dernier était nu dans le premier acte,...
tracking img