Beckett

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  • Publié le : 31 mai 2010
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Fin de partie (1957)

Section 1 (jusqu'à la p.22 "rabat le couvercle")

La scène représente un intérieur. C’est un refuge où vivent Clov, Hamm, dans un fauteuil roulant, aveugle et paralytique, ses parents Nagg et Nell logés dans deux poubelles fermées par des couvercles. Les réserves du refuge s’épuisent, c’est la fin. Au lever de rideau, Hamm et les poubelles sont recouvertes de draps.Clov les plie, après avoir tiré les rideaux des deux fenêtres. Il retourne dans sa cuisine attendre que Hamm le siffle. Hamm qui est seul à connaître la combinaison du buffet, est assuré de la soumission de Clov, qu’il menace d’affamer s’il ne lui obéit pas. Le temps est lent à s’égrener, Hamm tyrannise Clov, l’insulte, semble se réjouir à l’énoncé des misères physiques de Clov.

Décor

La longuedidascalie initiale plante un décor immédiatement parlant !
Deux « petites » fenêtres (symétriques, à gauche et à droite), rideaux : difficiles d’accéder au paysage extérieur, d’où l’emploi de l’escabeau et de la lunette
Tableau (retourné au début de la pièce) : aucune ouverture sur quoi que ce soit, pas de perspective de rapport au monde, refus ostentatoire d’ornementation.
Fauteuil roulant :élément classique du théâtre (cf. Molière ou Beaumarchais) mis à la sauce absurde
Deux poubelles « l’une contre l’autre »
« vieux draps  » : sortes de linceuls (la réplique première renvoie à la mort), « grand mouchoir taché de sang »
(+réveil+chien+gaffe[1]).
La symétrie du décor (cf. début d’Oh ! les beaux jours !) est soulignée par le jeu de Clov au départ.
Espace clos = « refuge » (aprèsquel déluge ? une explosion nucléaire ?). L'extérieur est présenté comme menaçant: "Hors d'ici c'est la mort." (p.21) "Plus de nature […] Dans les environs" p.23
Ouverture sur le monde inaccessible, le « monde » des personnages est la pièce ds laquelle ils se trouvent, et dont Clov « fait le tour » avec Hamm. A la fois espace de protection mais aussi prison Cf. la hauteur des fenêtres etl’impossibilité tant physique que métaphysique[2] de sortir, de s’en sortir. Il n’y a aucune porte et ce qui est évoqué de la cuisine laisse penser qu’il en est de même. Pas de fenêtre non plus dans l’antre de Clov psq son activité consiste à regarder le « mur ». Il semble donc que l’extérieur et l’intérieur n’ait aucune communication.

La notion de pénurie corrobore cette impression. Les personnagesconsomment des biscuits durs, donnés au compte-goutte (Clov revient de la cuisine ac un seul gâteau ). Il est question aussi de bouillie réclamée par Nagg : p.21
Ce qui donne lieu à des variations autour d’un même thème
Pénurie organisée par Hamm qui est le seul à détenir la « clef du buffet » comme il s’en vante.

Soliloque de Clov (« teint trèsrouge » comme Hamm)
La didascalie « regard fixe, voix blanche » suggère la peur, la stupéfaction,, la peur paralysante.
Premier mot : première ambiguïté « Fini »
← Cf. le « Rien à faire » d’EAG – C’est le commencement de la fin.
← écho au titre
← il va lui aussi disparaître
← constat de l’état de Hamm
← Est-ce l’annonce de ce qui va (peut-être) advenir : le départ de Clov.« Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. »

Part. passé, action accomplie, passé révolu,

Périphrase temporelle, futur proche

Constat au présent

Beau polyptote avec une progression du passé au futur, du certain au probable ou au possible qui exprime avec autant de fermeté que de sobriété la perspective et le désir d’une fin qui se produit,se prépare et en même temps se fait indéfiniment attendre. De cette perpétuelle ambiguïté, le dialogue égrènera inlassablement les formules et les variantes : « ça peut finir » p.17, « ça ne va donc jamais finir »p.36, « La fin est inouïe »[3] p.65, « Alors comment veux-tu que ça finisse ? »/ « Tu as envie que ça finisse ? » p.93,… Le txt est donc émaillé de termes appartenant à la famille...
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