Beckett

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  • Publié le : 27 août 2010
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Avec à son actif plus d’une cinquantaine d’ouvrages de fiction et de théâtre et une vingtaine de films et de scénarios pour le cinéma, Marguerite Duras a sans doute été un des écrivains français et francophones les plus féconds de ce siècle. Duras a touché un public plus large, voire international, au crépuscule de sa vie, grâce à l’adaptation de l’Amant. Ce roman, prix Goncourt 1984, s’est venduà plus d’un million d’exemplaires !

Marguerite Donnadieu naît en 1914 en Cochinchine française (sud du Viêt Nam). Les bords du Mékong, la chaleur moite, la végétation débordante, le Pacifique – calme apparent, violence absolue – dessinent un paysage pour la jeune fille. Ces premières années laisseront leurs traces indélébiles: les parfums, les saveurs, l'extraordinairesensualité de l'Asie, les contrastes brutaux (ici l'éden-Cinéma, où la mère joue du piano, là les demeures somptueuses des colons blancs), le cercle de famille, étouffant, terrifiant, avec les deux frères si opposés , la première éducation sentimentale enfin, transgressive déjà, dans les bras de l'amant chinois. Jusqu'à l'adolescence, Marguerite Donnadieu a vécu dans cet Orient extrême, du Viêt Nam àl'Inde, a vécu dans cet Orient extrême, du Viêt Nam à l'Inde.

Marguerite Duras a fait de la “ belle colonie ” indochinoise où elle a vécu jusqu’à l’âge de dix-huit ans, le cadre quasi-exclusif de sa fiction.Pourtant , elle dit toujours : l'histoire [...] de ma vie, elle n'existe pas [...]. Le roman de ma vie, de nos vies, oui, mais pas l'histoire. C'est dans la reprise destemps par l'imaginaire que le souffle est rendu à la vie».

“ Marguerite est une enfant de l’Indochine, écrit Laure Adler. Jusqu’à la fin de sa vie, elle évoquera ses paysages, ses lumières, ses odeurs. Dans cette terre natale dont elle fit le foyer de son écriture, dans cette différence sensorielle qu’elle continuera à cultiver, elle ne cessera jusqu’à sa mort, de se ressourcer”.
Elle était au dernier rang de la hiérarchie de l’Indochine blanche, l’institutrice de l’école indigène. Ses enfants étaient des petits blancs. De petits jaunes blancs, dit le B.I. Ils parlaient le vietnamien. Vivaient avec les petits Vietnamiens. On leur disait qu’ils étaient français. Ils l’ont cru. اa les a rendus racistes. La mère était raciste, elle aussi. On était des blancs. La forêt. Destigres. On entendait leur feulement panthères noires, l’animal le plus féroce de la jungle pas Bagheera, d’autres, moins humaines, sur lesquelles il fallait faire le coup de feu. Des sauriens, dans les eaux d’un delta. Des singes que l’on tirait pour le plaisir ou pour les manger. Des échassiers bouffeurs de poissons, que l’on tuait aussi, pour le dîner, malgré le goût.

Laliaison, jugée alors scandaleuse, entre la jeune Française, un peu délurée, et le Chinois à la limousine noire qui est au cœur de ‘l’Amant’, se déroule dans cet Extrême-Orient luxuriant, aux prises avec la puissance coloniale française.

Le trajet de L'Amant en est un dans l'étrangeté à soi, vers le tiers espace de l'altération
L'Amant est le lieu où s'élabore un tiers espacecontre l'aliénation culturelle. L'expérience de la folie, tout comme celle de la non-maternité, indiquent un souhait de dépasser les polarités pour tracer les contours d'un tiers espace d'où surgit le soi comme autre, et l'identité comme altérité et altération infinie. Ce tiers espace est bien celui de la création.

Dès l'aube de la colonisation et jusqu'à nos jours, trouvedans la littérature un exutoire idéal, l'espace culturel privilégié, propre aux représentations les plus diverses, allant du constat historique, neutre, impersonnel, à la peinture exotique, libre, voire fantaisiste, amusée, plus ou moins ludique.
Vraie ou fausse, l'image de l'Indochine, reflet d'une époque révolue, se trouve définitivement fixée, enclose dans les mots qui, eux, sont producteurs,...
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