Beetlejuice

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1744 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 23 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Journal de Bord
Tim Burton

Septembre
1986

Schizophrénie [skizcfreni]. n.f. Psychose caractérisée par des contradictions affectives (division de la personnalité)
et l’inadaptation du patient au réel.

Inadaptation au réel ? Pas de quoi s’affoler
Pourquoi devrais-je m’y adapter ?
Les gens me trouvent échevelé.
Je préfère fantasque, comme « fantastique ».Il faut quand même être original pour écrire un journal à trois
Non pas trois un, deux, trois
Mais trois en un
Ou plutôt un en trois.

Rien n’est de trop lorsqu’il faut créer
Et si l’on veut un univers magique
Donner à voir une fresque magnifique
Il faut laisser venir toutes ses idées peu à peu
Se laisser flotter entre rêve et réalité
Laisser affleurerpoésie, magie, merveilleux

Toutes les sensations se percutent
Bataillent même parfois
Le ton peut monter lors d’une dispute
Mais cette voix reste moi.

[pic]

Une histoire de maison hantée.

Une longue, sombre et effrayante histoire de maison hantée.

Je propose un thème traditionnel,
Un sujet cent fois revisité
Mais par une vision nouvelle
Lespectateur sera envoûté.

Imaginons une situation renversée : à la place des nouveaux locataires terrorisés, prenons de nouveaux arrivants qui martyrisent nos revenants.
Des fantômes qui voient leur maison investie par de grossiers personnages. Une lutte s’engage pour posséder la maison. Leur vie devient un enfer…
Enfin… leur mort, pour être plus exact.
Oui, leur mort devient unenfer, ils ne savent plus à quel saint se vouer. Leur désarroi est tout naturel : ce sont des apprentis trépassés, ils sont morts récemment et n’y connaissent rien en matière de revenant. Ils ne savent comment se débarrasser des envahisseurs.

La scène de leur arrivée doit être effervescente, une formidable invasion. Les meubles glissent jusque dans le salon, les objets affluent par les porteset les fenêtres, les grues vrombissent. Ils explorent la maison, les plans s’enchaînent, la caméra virevolte, c’est l’ébullition. Ils parcourent l’espace, les pièces s’enchaînent de la cave au grenier, on ne laisse pas une respiration au spectateur. Ils s’élancent dans l’escalier, leurs dos tressautent d’excitation. Ils vont franchir la porte. A peine entrés que déjà ils s’élancent vers laprochaine pièce, ils tourbillonnent autant que leurs idées, traquent le moindre espace, tout y passe de la chambre à la salle de bain, en visitant placards et tiroirs. La caméra saute d’avant en arrière, fait s’entrechoquer les images.

Les fantômes perdent leur tranquillité et se réfugient au grenier que personne n’arrive à ouvrir.

Cette ébullition soudaine leur fait perdre pied, c’est lamaîtrise de leur univers qui leur échappe.
Ils n’arrivent plus à contrôler les espaces concrets…

Tout s’entremêle et s’entrechoque

[pic]
…Seulement les morts ne peuvent pas tout le temps vadrouiller dans la même dimension que les vivants, ils ont aussi accès à un espace-temps différent, l’enfer finalement, ou quelque chose s’yapprochant.

Je dois dire qu’il faut s’interroger,
Que deviennent nos héros noyés ?
Une évanescence dans un autre référentiel,
Aux couleurs et à l’aspect irréel ?

C’est bien beau, mais il n’est pas de géographie pour les morts.
Inventons-en une de toute pièce. Une géographie merveilleuse, fantasque et fantastique, créons une réalité distordue, fausse à outrance. « Le vraiest qu’il est aussi impossible de concevoir l’esprit que d’imaginer ce qui n’est pas » disait Edgar Poe.

Il est des règles auxquelles on ne peut pourtant pas déroger : dans le cas précis d’une maison hantée, une personne décédée de manière violente voit son champ d’action strictement limité à son domicile, et ne peut aucunement le quitter.

La maison peut être un passage vers...
tracking img