Berenice

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  • Publié le : 24 mars 2013
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Explication de la tirade de Bérénice, Acte IV, scène 5 : proposition de mise en forme (en vue d’une lecture analytique à l’oral) Introduction Présentation auteur : Racine est sans doute le meilleur représentant du classicisme au théâtre. Ses tragédies sont empreintes de sobriété mais expriment les passions et les sentiments les plus absolus. Présentation œuvre : Dans Bérénice, toutparticulièrement, il met en scène ce qu’il appelle luimême dans la préface, « une action simple, soutenue de la violence des passions, de la beauté des sentiments et de l’élégance de l’expression ». Titus, le fils de l’empereur Vespasien, et Bérénice, reine de Palestine, se sont aimés en Orient. Mais de retour à Rome, Titus confronté à ses devoirs d’héritier de l’Empire, renonce à Bérénice. Présentation passage: La scène 5 de l’acte IV présente une confrontation entre les deux personnages après que Bérénice a appris par Antiochus la nouvelle de sa disgrâce. Dans la tirade la plus célèbre de cette scène, elle exprime toute la « tristesse majestueuse » (l’expression est de Racine) qui caractérise son personnage. Problématique : A travers l’étude détaillée de cette tirade nous pourrons nous demander parquels sentiments divers passe le personnage de Bérénice. Plan : Nous étudierons d’abord les signes de son ressentiment puis les signes de sa tristesse. Développement I) Les ressentiments de Bérénice 1) Ses accusations Son ressentiment s’exprime d’abord par la volonté d’accuser Titus, de lui faire sentir sa culpabilité. Elle le désigne par des adjectifs substantivés tout à fait accusateurs : « cruel», « ingrat » et lui rappelle ses promesses, ses « milles serments /D’un amour qui devaient unir tous (leurs) moments » (v 1106). Dans ce vers, les deux hyperboles (« mille serments », « tous nos moments ») et l’organisation du vers (l’enjambement) font sentir l’ampleur des promesses qui ont été prononcées par Titus. 2) Son refus de s’adresser à Titus Pour lui faire sentir à quel point il n’estplus le Titus qu’elle a aimé, elle évite de s’adresser à lui à la deuxième personne : c’est la « bouche » de Titus qui a promis et qui maintenant se désavoue. La métonymie est peut-être une manière de mettre en valeur l’insensibilité dont fait preuve Titus : ce n’est pas une âme qui s’exprime en lui mais quelque chose d’extérieur qui n’a pas de sensibilité. Dans les derniers vers, elle parle de Titusà la 3ème personne, comme s’il n’était déjà plus là, comme s’il n’était plus le Titus qu’elle a connu ou comme s’il ne méritait plus qu’elle s’adressât à lui : « L’ingrat de mon départ consolé par avance, / Daignera-t-il compter les jours de mon absence ? » 3) Une femme blessée qui défend son amour propre Au ressentiment est associée une blessure d’orgueil dont Bérénice essaye de se défendre.L’ironie dont elle fait preuve est une manière d’attaquer Titus : elle est présente dans le premier vers (« Eh bien ! régnez, cruel ; contentez votre gloire ») et dans les derniers vers, avec cette question rhétorique qui est en fait un constat plein d’amertume : « L’ingrat (…)/ Daignera-t-il compter les jours de mon absence ? ». On sent sa volonté de sauver sa dignité par l’emploi qu’elle fait del’impératif (« régnez », « contentez »), qui peut faire croire qu’elle « autorise » Titus à assumer son rôle, et surtout par l’emploi de verbes qui marquent sa prétention à dominer la conduite de leur échange : « Je ne dispute plus », « Moi-même j’ai voulu vous entendre » « je n’écoute plus rien ». L’insistance sur les marques de première personne montre bien une volonté d’affirmer sa personnalité et samaîtrise de la situation. Elle semble d’ailleurs, au vers 1110, mettre un terme à l’entretien en prononçant un « adieu » renforcé par l’expression adverbiale « pour jamais ». Transition Mais, comme tous les personnages de Racine, Bérénice est équivoque ; elle est en proie à des contradictions. Et c’est justement le « pour jamais » qu’elle s’entend prononcer qui va la faire basculer dans...
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