Bergson

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  • Publié le : 16 novembre 2011
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"Quel est l'objet de l'art ? Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l'art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l'unisson de la nature. Nos yeux, aidés de notre mémoire, découperaient dansl'espace et fixeraient dans le temps des tableaux inimitables. Notre regard saisirait au passage, sculptés dans le marbre vivant du corps humain, des fragments de statue aussi beaux que ceux de la statuaire antique. Nous entendrions chanter au fond de nos âmes, comme une musique quelquefois gaie, plus souvent plaintive, toujours originale, la mélodie ininterrompue de notre vie intérieure. Tout cela estautour de nous, tout cela est en nous, et pourtant rien de tout cela n'est perçu par nous distinctement. Entre la nature et nous, que dis-je? entre nous et notre propre conscience, un voile s'interpose, voile épais pour le commun des hommes, voile léger, presque transparent, pour l'artiste et le poète. Quelle fée a tissé ce voile ? Fût-ce par malice ou par amitié ? Il fallait vivre, et la vieexige que nous appréhendions les choses dans le rapport qu'elles ont à nos besoins. Vivre consiste à agir. Vivre, c'est n'accepter des objets que l'impression utile pour y répondre par des réactions appropriées : les autres impressions doivent s'obscurcir ou ne nous arriver que confusément. Je regarde et je crois voir, j'écoute et je crois entendre, je m'étudie, et je crois lire dans le fond de moncœur. mais ce que je vois et ce que j'entends du monde extérieur, c'est simplement ce que mes sens en extraient pour éclairer ma conduite ; ce que je connais de moi-même, c'est ce qui affleure à la surface, ce qui prend part à l'action. Mes sens et ma conscience ne me livrent donc de la réalité qu'une simplification pratique."

Henri Bergson Le Rire, III

L'introduction

• Elle tientidéalement en quatre étapes :
• formule introductive
• thème du texte
• problématique
• annonce du plan

La formule introductive : Vous vous devez, en premier lieu, de rappeler quel texte vous avez à commenter. Il est excellent, si vous en êtes capable, de situer tout de suite votre passage dans le contexte philosophique où il surgit. Contentez-vous, sinon, de dire qui en estl'auteur et, éventuellement, de quel ouvrage il est extrait.

Le thème du texte: Il vous faut ensuite indiquer quel est le thème du texte, de quoi il y est question.

La problématique: Le moment le plus délicat et le plus important de votre introduction est la formulation de la problématique. Celle-ci est moins libre que pour une dissertation où vous construisez la problématique. Ici, vous devez ladéduire du texte lui-même. Elle tient dans le lien entre les intentions de son auteur et la façon dont il les met en oeuvre, le biais qu'il emprunte pour parvenir à ses fins. Ainsi, par exemple, dans notre texte, "Bergson entreprend de nous dire quel est l'objet de l'art, en s'interrogeant sur la nature de ce qui nous en éloigne (la vie et la nécessité d'agir)"... La problématique est ce quidonne sa structure à votre commentaire, elle doit être fidèle au texte, de telle sorte que votre commentaire lui soit également fidèle tout en ayant pour seul but de parvenir à répondre à la question que vous posez en introduction.

L'annonce de votre plan peut, et je vous le conseille, consister en un découpage du texte selon ses articulations fortes. Donnez un titre à chaque partie. Votre proposn'en sera que mieux cadré.
Dans notre exemple : "L'art serait inutile si notre rapport aux choses était immédiat, mais un voile s'interpose entre la réalité et nous, et qui tient à la nécessité dans laquelle nous sommes de vivre et d'agir."
Ne donnez pas les numéros des lignes, ou les fins de phrases. Elles devront apparaitre d'elles-mêmes au cours de votre commentaire.

Il est inutile,...
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