Bergson

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 21 (5249 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 17 décembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
{draw:frame}
IL Commentaire ou critique du texte
La conception bergsonienne de la conscience prolonge l'analyse du cogito cartésien : en effet, Descartes a montré que la conscience donnait naissance à un sujet capable de réfléchir sur lui-même et sur le monde (possibilité de se démarquer du monde et de se poser comme sujet distinct du reste des choses). Ainsi, par la conscience, le sujetest à l'origine de la connaissance (cf. Kant, «le je pense doit pouvoir accompagner toutes mes représentations », Critique de la raison pure) et de l'action (notamment avec la conscience morale, qui fixe les règles de notre cond1ùte en fonction des critères du bien et du mal)
D'autre part, Descartes identifie la conscience avec l'acte de penser, ce que Bergson montre ici : penser, c'est pouvoirsortir de la situation présente, des impératifs de l'action pour déterminer le déroulement de l'action. En ce sens la pensée qualifie l'essence de l'hOl1une, par opposition à l'animal. Ce dernier est en effet enchaîné à la nature et au présent il est en partie incapable de construire l'action en envisageant
de multiples possibilités. L'apprentissage est fondé sur l'instinct ou sur unconditionnement, non sur la conscience. Bergson a effet démontré
que le passage de l'action spontanée à l'action automatique marque l'arrêt de toute pensée (l'homme ressemble à un automate, à une machine programmée à l'avance), même s'il ne peut être une machine du fait de la présence de la conscience en lui, mais qui peut être potentielle ou irréfléchie.
Cependant. Descartes fait du moi une substancepensante. qui possède une identité, une' personnalité parfaitement définie et connaissable («l’âme est plus aisée à connaître que le corps », Discours de la méthode). OL l'idée d'une variation d'intensité de la conscience indique qu'on ne peut pas séparer la conscience de son rapport aux objets, aux actions voire même à l'ensemble d'une vie individuelle. pour en faire une identité absolue.immuable et nécessaire. "Tout porte à croire qu'il en est ainsi de la conscience en général" indique que la conscience n'est pas une entité en soi indépendante du monde mais qu'elle est essentiellement liée à ce qu'elle fait.
C'est plus particulièrement en rapport à la durée et à la liberté que Bergson envisage ici la conscience : en effet, la différence entre l'action automatique et spontanée révèleune conception radicalement différente du temps : dans le premier cas, il y a une négation de la durée, à travers laquelle le passé se distingue du présent et de l'avenir puisque dans l'action automatique le passé est complètement intégré au présent et l'avenir est déjà déterminé : il n'y a plus de temps, mais un présent indéfiniment répété, une succession de «maintenant» : c'est ce que Bergsonappelle la»mémoire habitude », qui consiste en un ensemble de mécanismes moteurs acquis. Or, le temps n'est pas vécu ainsi par le sujet conscient : ici, la durée est «une création continuelle d'imprévisible nouveauté» (La pensée et le mouvant). Chaque instant est vécu de manière qualitativement différente, il n'y a pas deux instants qui se répètent dans une vie individuelle, le souvenir estindividualisé, unique, et l'avenir est un horizon absolument indéterminé. C'est en se dégageant des impératifs de l'action, qui impliquent le découpage mathématique du temps en instants homogènes (quantification du temps), que l'on peut vivre la durée réelle, c'est-à-dire le changement qualitatif entre deux moments de notre vie. La continuité de la durée est une création à travers laquelle je créel'avenir à travers mon passé.
Cette création révèle une liberté fondamentale de l'homme à l'égard de lui-même et de son avenir : l'homme, parce qu'il pense, n'est pas déterminé, mais il est autonome, responsable de lui-même (cf. la perspective de Sartre, il n'y a pas de nature humaine, l'homme est ce qu'il se fait, il est à l'origine de ce qu'il est, et il est de mauvaise foi lorsqu'il évoque un...
tracking img