Berkeley

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  • Publié le : 5 février 2010
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Commentaire philosophique sur un extrait des Principes de la connaissance humaine de Berkeley

A) Extrait tiré de l'oeuvre :

73- Il vaut la peine de réfléchir un peu aux motifs qui ont incité les hommes à supposer l'existence de la substance matérielle ; et que ayant ainsi observé à l'arrêt graduel et l'expiration de ces motifs ou raisons, nous puissions proportionnellement retirerl'assentiment qui se fondait sur eux. On a donc d'abord pensé, que la couleur, que la figure, le mouvement et le reste des qualités sensibles, ou des accidents, existaient bien réellement hors de l'esprit ; pour cette raison, il a semblé que l'on avait besoin de supposer un certain substratum, ou substance, non pensant, où elles existeraient, puisqu'on ne pouvait les concevoir existant par elle-mêmes.Puis, le temps passant, les hommes étant convaincus que les couleurs, les sons, et les autres qualités sensibles secondes, n'avaient pas d'existence hors de l'esprit, dépouillèrent le substrat ou la substance matérielle de ces qualités, lui laissant seulement les qualités premières, la figure, le mouvement et autres qualités semblables, qu'ils concevaient encore comme existant hors de l'esprit etcomme ayant par conséquent besoin d'un support matériel. Mais, comme on a montré qu'aucune, même parmi celles-ci, ne peut exister autrement que dans une intelligence, ou esprit qui les perçoit, il s'ensuit que nous n'avons plus aucune raison de supposer l'existence de la matière. Bien plus, il est complètement impossible qu'il y ait rien de tel, tant que ce mot est pris comme dénotant un substratnon pensant de qualités ou d'accidents, dans lequel ils existent hors de l'esprit.

Berkeley, Principes de la connaissance humaine (paragraphe 73, p.109-110) Editions G.F.

B) Commentaire philosophique de l'extrait

Dès les XVII et XVIII èmes siècles, de nombreuses découvertes scientifiques et mathématiques bouleversent le monde jusqu'alors connu. En effet, l'Homme prend alors conscience de sacapacité à comprendre le monde, au moyen de sa raison. Galilée, lui-même, disait que 'le grand livre de la nature est écrit en langage mathématique'.
C'est dans une époque marquée par la Révolution Copernicienne que le mouvement empirique apparaît et connaît son essor. Cette conception nouvelle, qui considère que la première source et le fondement de la connaissance se trouvent dansl'expérience, est partagée par de nombreux philosophes dont l'un des plus célèbres est l'évêque irlandais Georges Berkeley. Ce dernier est notamment connu pour sa théorie sur l'idéalisme subjectif : ''Esse est percipi aut percipere'' (être c'est être perçu ou percevoir).
Dans son ouvrage "Principes de la connaissance humaine'', Berkeley pose le principe que la réalité du monde se ramène à la perception quenous en avons. Nous allons étudier un passage de cette oeuvre, illustration parmi d'autres de la théorie empiriste dans lequel son auteur propose une démonstration destinée à prouver que la matière n'existe pas, en mettant en avant de bons arguments pour convaincre les sceptiques (qui pensent que la vérité n'est pas à notre portée). Nous verrons dans une première partie les causes du postulat del'Homme concernant l'existence de la matière, puis dans une seconde partie, nous étudierons la théorie cartésienne avant, dans une troisième partie, d'en élaborer une critique et de proposer la thèse de Berkeley.

Dès le début du texte, Berkeley remet en cause les croyances humaines concernant l'existence de la matière. En effet, les hommes ont jusqu'ici ''supposé'' l'existence de la substancematérielle : l'utilisation du verbe supposer implique un présupposé, c'est-à-dire une adhérence à une croyance sans examen (de vérification). Il y a donc une forme d'incertitude. De même, Berkeley rapporte à la croyance de l'existence de la matière un assentiment, c'est-à-dire une approbation à une proposition, donc rien de véritablement fondé, ce qui nous laisse penser que tout au long du texte,...
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