Bernard poulet la fin des journaux

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  • Publié le : 18 avril 2011
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Bernard Poulet est journaliste, rédacteur en chef à l’Expansion. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la presse et les médias, dont « Le Pouvoir du Monde » (2003).
Ce livre est le meilleur que j’ai lu depuis bien longtemps. Il traite précisément de la même question qui me préoccupe sur ce blog depuis sa création : les journaux, le journalisme et même l’information, ont-ils un avenir àl’heure d’internet ? Au terme d’une enquête, qui aborde la question sous tous les angles, Bernard Poulet arrive à la même conclusion que je tire ici. C’est dire à quel point j’en recommande la lecture, avec peut-être plus d’insistance que je ne l’ai jamais fait jusque-là sur ce blog.
Cette remarquable enquête de Bernard Poulet sur « La fin des journaux et l’avenir de l’information » renvoie comme enécho au livre de Jean-François Fogel et Bruno Patino, « Une presse sans Gutenberg », publié il y a trois ans maintenant. C’est peu de dire qu’en trois ans la couleur du tableau a changé : il s’est considérablement assombri.
Fogel et Patino annonçaient, avec des accents parfois prophétiques, l’ouverture d’une nouvelle ère de l’histoire de la presse, se réinventant totalement sur internet, à l’issued’un vaste mouvement de destruction créatrice bouleversant l’ensemble du secteur comme jamais auparavant. Trois ans après, Bernard Poulet constate que la destruction est bien là, mais la création se fait attendre, et, finalement, ne viendra peut-être jamais : c’est la fin des journaux, mais l’information elle-même a-t-elle un avenir ?
Le bilan de l’enquête de Bernard Poulet est clair. La survie de lapresse écrite quotidienne est très fortement compromise, si elle n’est pas carrément condamnée. L’avenir des journalistes n’est pas assuré, le journalisme professionnel lui-même peine toujours grandement à se trouver une place en ligne. Peut-être tout simplement parce qu’il n’en a pas… C’est même la possibilité réelle du maintien d’une information de qualité dans nos démocraties qui devientl’enjeu crucial des années qui viennent. Pour des raisons économiques et technologiques, mais pas seulement. Pour des raisons sociologiques aussi, qui sont peut-être plus profondes – et irréversibles – : les gens, et notamment les jeunes, souhaitent-ils toujours s’informer, s’intéressent-ils vraiment à l’information ?
La solution ? Bernard Poulet n’en a pas. Espérant lui-même pécher par excès depessimisme, le journaliste s’interroge. Passant en revue toutes « les expériences » en cours, essentiellement sur internet, mais aussi ailleurs, on sent bien qu’il espère qu’il s’en trouvera une pour réussir, pour dégager l’horizon du journalisme et de l’information, qui est aujourd’hui… totalement bouché.
Les lecteurs réguliers de ce blog auront reconnu là une vision très proche de celle que je proposeici-même depuis les débuts de cette « entreprise novövision », qui est aussi une sorte d’enquête personnelle « en train de se faire » sur l’avenir du journalisme, et qui parvient aujourd’hui… à la même conclusion (que nous espérons, évidemment, provisoire).
Bernard Poulet lit ce blog, d’ailleurs, et le cite (J’en profite pour le remercier des compliments. ;-) ), comme il s’abreuve à bien dessources qui sont aussi les miennes. Les lecteurs réguliers de ce blog ne seront donc guère surpris à la lecture de cette enquête, mais ils y trouveront une foule d’informations précises, organisées dans une synthèse malheureusement implacable. Les lecteurs moins réguliers auront là l’occasion de voir comment les réflexions qu’ils viennent trouver ici ponctuellement, et qui peuvent – peut-être – leurparaître parfois alarmistes ou provocatrices, s’insèrent en réalité dans une réflexion d’ensemble, que Bernard Poulet déroule méthodiquement, jusqu’à l’impasse dans laquelle se trouve l’information aujourd’hui.
Quant aux gens qui ne lisent pas ce blog ? Il est un peu absurde de m’adresser à eux ici, mais vous en connaissez peut-être et vous pourrez leur passer le mot : s’ils se défient...
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