Bernoux (philippe), la sociologie des organisations

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  • Publié le : 6 janvier 2012
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Bernoux (Philippe), la Sociologie des organisations

I. Que cherchons nous à expliquer ?

La définition pose le risque d'une simplification à outrance ; il faut donc partir de la question "comment expliquer les comportements des individus ou groupes dans des organisations?".
Il existe une irrationalité apparente et une imprévisibilité des comportements.

1- Le cadre explicatif: l'individuet le groupe dans les organisations

Concernant l'exemple du phénomène du freinage, l'auteur rejette l'explication par le tempérament individuel. Les comportements ont un caractère social, et dans toute organisation ils se font en ajustement permanent entre les aspirations particulières de l'individu et les normes du groupe. L'auteur écarte également les explications par les groupes naturels oule climat, ainsi que par la motivation individuelle (l'individu ne peut être défini hors de tout contexte social). L'hypothèse explicative retenue est que les normes de comportement ne se comprennent que dans une situation individuelle, où elles sont le résultat de l'interaction entre acteurs. Ces normes changent sous l'effet de pressions internes (entre les logiques d'acteurs, l'organisation etles rapports de pouvoir dans le travail) ou externes (environnement)

2- Le choix du modèle interactionniste

Il y a trois grands types d'explication sociologique du comportement:
- le déterminisme individuel: le comportement s'explique par l'environnement de l'individu;
- le réalisme totalitaire: il est le produit des normes et moyens imposés par la société;
- l'interactionnisme: lecomportement est une action faite en vue d'une certaine fin, il résulte d'une intention stratégique de l'acteur. Cette approche serait la plus explicative des comportements dans une organisation donnée, étudiée quant à elle comme jeu de pouvoirs et système d'acteurs.

II. Les premières organisations de la société industrielle

1- Les nouveaux modèles

• L'accumulation du capital: Max Weber a liél'esprit du capitalisme et l'éthique protestante dans la société allemande, qui fournit une justification au fait de vouloir produire toujours plus.
• La naissance des valeurs bourgeoises: Karl Marx s'est intéressé au conflit exacerbé par l'accumulation de richesses entre les détenteurs des moyens de production et ceux qu'ils exploitent. Ce besoin d'accumulation du capital fait de la bourgeoisieune classe révolutionnaire.
• L'individu et la raison: La société préindustrielle était figée et souvent analysée par analogie avec le corps humain (organisation prédestinée, voulue par Dieu, du corps social) ou le contrat social (tentative de laïcisation de la société).
Le libéralisme des premiers industriels les conduit à s'opposer à ces principes; ils revendiquent d'abord l'individualisme,s'inspirant de Darwin pour ne retenir de sa théorie de l'évolution que le concept de survie du plus capable. Pour Bentham, toute action humaine est dictée par le désir du plaisir et la fuite de la douleur, et cet égoïsme est à terme bon pour la société. Ils se livrent également au scientisme: la science contient une morale capable d'améliorer les hommes et la société; de plus, elle introduit larationalisation.

2- L'évolution du travail dans l'entreprise

Alain Touraine analyse l'évolution du travail ouvrier dans l'ère industrielle en trois phases; il en ressort que l'on est passé d'un système reposant sur l'autonomie professionnelle de l'ouvrier qualifié de fabrication, à un système de travail donnant priorité à un système technique d'organisation sur l'exécution individuelle du travail.Il y a eu intégration croissante de l'homme à l'organisation.

3- Frederick Winslow Taylor, premier organisateur

Taylor analyse la flânerie des travailleurs, et élabore une nouvelle organisation du travail fondée sur la séparation de la décision (qui définit le one best way) et de l'exécution.
Il considère que la motivation essentielle de l'ouvrier est l'argent, et l'exalte, car l'autre...