Beveridge et bismarck

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  • Publié le : 30 octobre 2010
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Selon Pierre Laroque, le but de la sécurité sociale est d’assureur la « sécurité du lendemain » aux travailleurs. Depuis 1830, des assistances publiques apparaissent. De 1898 à 1939, c’est l’apogée de l’assurance sociale. Puis en 1945, le système de la sécurité sociale apparait en France suite à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et à la demande du Général De Gaulle. La sécurité sociale est unsystème de protection « des travailleurs et de leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de la maternité et les charges de la famille qu’ils supportent » (article 1 du code de la sécurité sociale). Ce système de sécurité sociale créée en 1945 par Pierre Laroque permet de traduire la volonté d’unereconstruction du pays après la guerre sur la base d’une solidarité nationale. L’article L 111-1 du code de la sécurité sociale indique bien la présence du principe de solidarité au sein de la sécurité sociale française. La France est en retard sur des pays européens pour l’installation d’une sécurité sociale. Le premier pays est l’Allemagne qui avec le Chancelier Bismarck se dote d’une sécurité socialedés les années 1880-1890. Bismarck souhaite créer une unité nationale par une assurance sociale obligatoire couvrant la maladie (loi de 1883), l’accident du travail (loi de 1884), et la vieillesse des invalidités (loi de 1889). Le financement se réalise par des cotisations salariales et patronales obligatoires. Il y a dans ce système une véritable volonté d’aider les travailleurs ayant des salairesmodestes. Cela touche essentiellement la classe ouvrière. Ainsi cette conception bismarckienne de la sécurité sociale se répand en l’Europe centrale. La seconde conception européenne de la sécurité sociale est la conception beveridgienne. Elle nous est importée de l’Angleterre par Beveridge. Ce dernier dans un rapport paru le 20 novembre 1942 expose la formule de la sécurité sociale la plus adaptéeà une libéralisation du besoin (freedom of want). La vision de but de la sécurité sociale de Beveridge est ambitieuse. En plus de vouloir aider les personnes les plus modestes, il souhaite aussi éviter toutes personnes à tomber dans l’indigence et à sortir les personnes qui y sont. Le rapport de Beveridge énonce le principe de solidarité, un financement par l’impôt et une gestion par l’Etat. Deplus, cette conception a trois principes. Les trois « U » sont le principe d’universalité (tous les citoyens ont accès à la protection sociale), le principe d’uniformité (les prestations sont les mêmes pour tous), et le principe d’unicité (la protection sociale est centralisée par l'Etat). On peut parler d’une médecine nationale. Cette conception beveridgienne est appliquée en Angleterre et dansles pays d’Europe du Nord. Au moment de la construction de la sécurité sociale, une hésitation de la France est visible entre les deux modèles européens. Pierre Laroque, en fondant la sécurité sociale, a repris des idées du modèle bismarckienne. Cependant à la vue de l’évolution de la sécurité sociale, des éléments beveridgiens sont de plus en plus nombreux. Notre sécurité sociale a évolué depuis desa création en 1945. Cette évolution permet de voir l’implication des deux modèles européens de sécurité sociale dans notre propre systéme. Ce phénomène traduit aussi le changement de politique de la démocratie sociale depuis 1945 par le gouvernement (« De Bismarck à Beveridge : une sécurité sociale pour tous » OIT). Notre systéme français est en réalité une mosaïque de régime. Une question sepose alors ici, de quelles conceptions (bismarckienne ou beveridgienne) notre système de sécurité sociale relève-t-il ? Notre systéme s’inspire des deux conceptions mais à des périodes différentes. Une évolution de la société et des besoins expliquent ce changement. En effet, le systéme de la sécurité sociale française est inspiré par la conception bismarckienne (I) mais qui dérive vers la...
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