Bibliographie spinoza

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  • Publié le : 2 novembre 2010
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Baruch Spinoza (hé : ברוך שפינוזה), également connu sous les noms de Bento de Espinosa ou Benedictus de Spinoza (né le 24 novembre 1632, Amsterdam, Pays-Bas - mort le 21 février 1677, La Haye) est un philosophe néerlandais dont la pensée eut une influence considérable sur ses contemporains et nombre de penseurs postérieurs.

Issu d'une famille juive marrane, Spinoza fut un héritier critique ducartésianisme. Il prit ses distances vis-à-vis de toute pratique religieuse, mais non de la réflexion théologique, grâce à ses nombreux contacts interreligieux. Après sa mort, le spinozisme, condamné en tant que doctrine athée, eut une influence durable. Gilles Deleuze le surnommait le « Prince des philosophes »[1], tandis que Nietzsche le qualifiait de « précurseur », notamment en raison de sonrefus de la téléologie[2].

Baruch Spinoza est né à Amsterdam le 24 novembre 1632 dans une famille juive d'origine portugaise. Son prénom « Baruch » (qu'il latinisera en Benedictus - Benoît), signifie « béni » en hébreu. À cette époque, la communauté juive portugaise d'Amsterdam est essentiellement composée de Marranes (juifs de la péninsule Ibérique convertis au christianisme, ayant pour laplupart secrètement maintenu une pratique partielle du judaïsme) ayant fui l'Inquisition et le climat d'intolérance envers les convertis. Loin de l'Espagne, la plupart d'entre eux reviennent au judaïsme. Ils sont bien tolérés et insérés dans la société néerlandaise. S'ils parlent néerlandais avec leurs concitoyens non-juifs, ils usent du portugais comme langue vernaculaire et de l'espagnol commevecteur culturel. Pour Spinoza, c'est le latin qui sera la langue de l'expression écrite.

Spinoza fréquente le Talmud Torah (école juive élémentaire) de sa communauté, acquérant ainsi une bonne maîtrise de l'hébreu et de la culture rabbinique. Sous la conduite de Rabbi Mortera[3], il approfondit sa connaissance de la Loi écrite et accède aux commentaires médiévaux de la Torah (Rachi, Ibn Ezra) ainsiqu'à la philosophie juive (Maïmonide)[4]. À la mort de son père, en 1654, il reprend l'entreprise familiale avec son frère Gabriel. Après son excommunication de la communauté juive, il gagne sa vie en taillant des lentilles optiques pour lunettes et microscopes, domaine dans lequel il acquiert une certaine renommée

L'exclusion
Les Juifs portugais d'Amsterdam - baignant dans l'ambiance"tolérante" des Provinces Unies - ne constituent pas une communauté fermée. Pourtant le 27 juillet 1656, le herem (décision d'exclusion, excommunication) qui maudit Spinoza pour cause d'hérésie est particulièrement violent[5] et, chose rare, définitif. Peu de temps auparavant, un homme aurait même tenté de poignarder Spinoza, qui, blessé, aurait conservé le manteau troué par la lame pour se rappeler quela passion religieuse mène à la folie. Si le fait n'est pas complètement certain[6], il fait partie de la légende du philosophe.

L'exclusion de Spinoza n'est pas la première crise traversée par la communauté. Quelques années plus tôt, Uriel da Costa en avait déjà défié ses autorités. Repentant, il doit subir des peines humiliantes (flagellation publique) pour réintégrer la communauté. Ilréaffirmera cependant ses idées avant de se suicider en 1640, et non en 1647 comme on le trouve souvent. Juan de Prado, ami de Spinoza, est à son tour exclu de la communauté en 1657.

Il est difficile de savoir avec exactitude quels propos sanctionnent le herem[7], car aucun document ne fait état de la pensée de Spinoza à ce moment précis. On sait cependant, qu'à cette époque, il fréquente l'école dulibertin Franciscus van den Enden (peut-être dès son ouverture en 1652), où il apprend le latin, découvre l'Antiquité (notamment Terence) et les grands penseurs des XVIe et XVIIe siècles, comme Hobbes, Bacon, Grotius, Machiavel. Il côtoie des hétérodoxes de toutes confessions (notamment des collégiants comme Serrarius, des érudits lecteurs de Descartes, dont la philosophie exerce sur lui une...
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