Bibracte et le mont beuvray

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BIBRACTE ET LE MONT BEUVRAY
DU VÉRITABLE EMPLACEMENT DE BIBRACTE
 
|  |
|I |
|Un savant qui va chercher ses renseignements je ne sais en quel sanctuaire, où la vérité |
|historique, cachée pourtous, ne se serait conservée que pour lui seul, soutenait il y a |
|dix-huit mois, dans des lectures faites à l’hôtel de ville d’Autun, que la Bibracte de César |
|était placée sur le mont Beuvray, et qu’Augustodunum (Autun) n’était qu’une ville bâtie par |
|Auguste, une cité neuve créée d’un seul jet, sur une colline doucement inclinée vers l’Arroux. |
|Cette opinion, renouveléed’Adrien de Valois et de quelques autres auteurs, a été suggérée à un |
|officier supérieur d’état-major qui s’en est fait l’écho, et elle se trouve aujourd’hui |
|consignée dans un livre qui7 malgré quelques erreurs, jouit d’une célébrité due non moins à son |
|mérite réel qu’au nom du personnage éminent qui l’a signé. |
|Et cependant, la question del’emplacement de Bibracte reste toujours enveloppée de nuages, car |
|il se rencontre encore plus l’un incrédule au système adopté par l’auteur de l’Histoire de Jules|
|César. |
|Ne pourrait-on pas écarter un peu ces nuages et même les faire disparaître? |
|L’entreprise semble possible, sil’on emploie un procédé fort simple, auquel, pour cette |
|question surtout, beaucoup de gens ne se sont pas assez astreints jusqu’ici : remonter |
|directement aux sources et voir ce que l’histoire, la véritable histoire nous apprend à ce |
|sujet. |
|Laissons donc de côté lesfantaisies d’imagination, les caprices de système indignes d’être |
|acceptés comme des témoignages sérieux; ne nous adressons qu’aux textes, aux documents les plus |
|anciens et que l’on pourrait presque appeler contemporains des premiers Césars. |
|Et, qu’on veuille bien le remarquer il ne s’agit pas ici de quelque inscription ou manuscrit |
|nouvellement découverts. Ils’agit de passages d’auteurs bien connus, commentés et recommentés |
|depuis des siècles, et, dans ces passages mêmes, d’un petit nombre de pli rases sur lesquelles |
|la philologie et la critique ont dit depuis longtemps leur dernier mot. La tâche devient en |
|outre d’autant plus facile, que la question de l’emplacement de Bibracte est une très vieille |
|question rajeunie, et que dedoctes personnages, depuis le XVIe siècle jusqu’à nos jours, se |
|sont livrés à l’étude de ce problème, et ont mis à notre portée de précieux moyens |
|d’information[i][1]. |
|La première mention authentique que l’histoire nous fournisse sur Bibracte, se trouve dans les |
|Commentaires du conquérant desGaules. Elle se borne malheureusement aux six mots suivants : |
|Bibracte oppido Æduorum longè maximo ac copiosissimo[ii][2]. |
|La seconde est ce texte de Strabon, qui écrivait sous Tibère, successeur immédiat d’Auguste : |
|Or, entre le Doubs et la Saône, habite la nation des Edues, qui possède une ville de commerce, |
|Chalon-sur-Saône, et une placeforte, Bibracte[iii][3]. |
|Après Strabon, vient le plus célèbre des géographes latins, Pomponius Mela, qui écrivait sous le|
|règne de Claude : In Æduis opulantissirnant urbem Augustodunum[iv][4]. Or, si Augustodunum n’est|
|daté que d’Auguste, comment expliquer l’importance de cette ville dès le temps de Claude, |
|seulement quelques années...
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