« Bien commun », « service public » et rôle de l’état

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1570 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 30 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
« Bien commun », « service public » et rôle de l’État

jeudi 21 janvier 2010, par Sylvie Morel
« Bien commun », « service public » et rôle de l’État
Sylvie Morel

Département des relations industrielles, Université Laval

Dans le cadre de ce panel portant sur le rôle de l’État et le « bien commun », le thème de ma présentation est celui des services publics. Aussi, le pointde vue que je vais tenter de développer est le suivant : il est essentiel, voire même urgent, d’élaborer une conception du service public qui possède des fondements solides, c’est-à-dire qui est basée sur une doctrine – un ensemble de notions qu’on affirme être vraies et qui servent à orienter l’action – du « bien commun » ; le débat politique – les délibérations collectives et publiques – est lemoyen d’y parvenir. Enfin, s’il me reste du temps, je présenterai quelques commentaires sur le rôle de l’État face aux services publics.
Précisons, tout d’abord, qu’il est plutôt difficile d’articuler ces trois notions d’État, de « bien commun » et de services publics – ou du « service public ». D’une part, il n’y a pas une définition unique de chacun de ces termes qui, par conséquent,revêtent plusieurs significations. D’autre part, la nature des liens qui les unissent est elle-même une question controversée. Mais pourquoi est-il important de mener cet exercice ? La raison en est simple. C’est que (…) ceux et celles qui défendent des politiques publiques néolibérales disposent souvent d’une doctrine du bien commun. C’est d’ailleurs ce qui leur permet de mettre de l’avant des politiquesqui font cohérence parce qu’elles correspondent à un certain « projet de société ». Nous devons donc être en mesure de leur riposter en élaborant un contre-discours sur nos propres bases qui soit tout aussi articulé et cohérent, qui aille au-delà de la simple réaction contestataire et permette d’asseoir nos revendications et nos propositions de réforme sur un fondement plus solide.Différentes conceptions du bien commun
À un premier niveau, la notion bien commun peut être considérée comme faisant référence aux biens qui sont considérés comme étant essentiels à la vie humaine. En ce sens, on parlera, par exemple, de la terre, de l’air, de l’eau, etc., comme de « biens communs ». Mais, ce n’est pas de ce point de vue que j’examinerai la question du bien commun. Je l’envisageraiplutôt au second niveau de signification auquel elle renvoie, c’est-à-dire à ce qui est souhaitable du point de vue de l’intérêt de la collectivité ; en ce sens, le bien commun renvoie aux manières d’organiser le « vivre ensemble » [2]. Il est plus fructueux pour la réflexion politique de réfléchir à ce second niveau lorsque nous nous intéressons à la question du bien commun, car ce dernier permetde poser des questions fondamentales.
Le MEPACQ, dans le cadre de ce panel, pose la question de savoir ce qu’est le « bien commun ». Les services publics en font-ils partie, peut-on se demander également ? Or, énoncées comme telles, on ne peut répondre à ces deux questions : elles sont proprement indécidables. Pourquoi en est-il ainsi ? Cela est le cas parce qu’on ne peut fournir unedéfinition a priori du bien commun, car il existe plusieurs conceptions de cette notion. Ces dernières dépendent de la manière dont est appréhendée la collectivité, c’est-à-dire le « lien social ». Aussi, l’approche libérale, qui est celle sur laquelle sont fondées, à l’heure actuelle, un grand nombre de politiques publiques, repose bel et bien sur une conception du bien commun. Cela est un fait que noussous-estimons grandement dans nos débats.
La conception du bien commun de l’approche libérale repose sur la doctrine du libéralisme économique, qui a été développée, au 18e siècle, par des économistes. Comme exemple, au Québec, d’argumentaires fondés sur cette doctrine, on peut identifier le discours des économistes de l’Institut économique de Montréal.

Comment conçoit-on le bien...
tracking img