Bioéthique

Pages: 9 (2024 mots) Publié le: 21 mars 2011
0. Introduction

Même si elles ont pris un tournant particulier avec les modernes et les contemporains, les préoccupations philosophiques sur le langage ne commencent pourtant pas avec eux. D’ailleurs, il nous semble qu’il n’y a pas de langage qui ne soit porteur de philosophie et inversement, pas non plus de philosophie qui ne soit véhiculée dans un quelconque langage. Mais là n’est pas leproblème. Autant cela est vrai, autant il faudra aussi reconnaître que l’intérêt accordé au langage par les philosophes s’est fait sentir depuis l’antiquité.

C’est ainsi que ce travail se veut une investigation sur la conception platonicienne de la nature du langage (articulé) telle qu’exposée dans le Cratyle. Il s’agit de savoir si la langue est un système des signes arbitraires ou naturels(démontrant une relation intrinsèque avec ce qu’ils représentent). Autrement dit, les mots entretienne-ils des rapports naturels ou arbitraires avec des choses qu’ils désignent ?

Pour le mener à bon port, ce travail aura une ossature bipartite. Dans un premier temps, nous exposerons le point de vue platonicien sur la problématique sous examen ; en deuxième lieu, nous élaborerons un petit état dela question qui sera suivie d’une conclusion appréciative.

1. Nature de la langue selon Platon

Le Cratyle est le premier ouvrage de Platon qui nous offre sa conception du langage. Le débat porte essentiellement sur la nature du langage ou mieux sur « la propriété des noms » selon l’expression utilisée par Platon lui-même. Trois interlocuteurs sont mis en scène ad hoc : Hermogène,Cratyle et Socrate.

Dans leur conversation, deux attitudes se dessinent : d’une part celle de Cratyle qui soutient le caractère naturel de la langue, et d’autre part celle d’Hermogène pour qui la langue n’est rien d’autre que le fruit d’une convention et donc, elle est arbitraire. Et Socrate de se pointer comme trancheur du débat à travers une argumentation aussi bien logique que pertinente.

Eneffet, dans la pensée d’Hermogène qui affirme que la propriété du nom ne réside nulle part « ailleurs que dans la convention et le consentement des hommes, que le vrai nom d’un objet est celui qu’on lui impose, que si à ce nom on en substitue un autre, ce dernier n’est pas moindre que n’était le précédent » , Socrate y lit en filigrane la thèse protagorassienne de l’homme – mesure qui donne unsens à toute chose. La vérité du monde appartient dès lors au monde social humain. Il y a ainsi un subjectivisme qui s’installe dans l’acte de parler.

Contre Hermogène, Socrate établit que les mots sont des instruments qui servent à nommer la réalité. Mais plus que des instruments, ils entretiennent un lien naturel avec elle : les choses ont une existence, une essence qui ne dépend pas deshommes et donc les actes qui s’y rapportent ne dépendent pas non plus d’eux. Or parler est un acte comme couper, percer, démêler le tissu, brûler qui exigent une manière de faire leur liée. De même qu’on ne coupe pas avec n’importe quoi, qu’on ne brûle avec pas n’importe quoi, qu’on ne perce pas avec n’importe quoi, qu’on ne démêle pas avec n’importe quoi, de même on ne parle pas comme on veut. Car,comme tous ces actes, le parler en est aussi un. Et nommer est une partie de cet acte qui se rapporte aux choses. D’où, « on ne peut parler véritablement, affirme Socrate, qu’autant que l’on dit les choses comme la nature veut qu’on les dise et q’elles soient dites, et avec ce qui convient pour cela, tandis qu’autrement on se trompe et on ne fait rien de bon. »

Ainsi, Socrate soutient qu’iln’appartient pas à tout homme d’imposer les noms aux choses, mais à un véritable artisan de noms. Ce faiseur de noms, c’est le législateur qui compose les noms correspondant aux choses et les établit à partir des syllabes quel que soit le milieu où il se trouve. Il faut signaler que c’est de ce point de vue que Socrate explique la multiplicité des noms pour désigner les mêmes choses selon qu’on...
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