Bioethique

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  • Publié le : 5 décembre 2010
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Histoire et développement de la bioéthique [modifier]
Les années 1960 ont vu émerger dans les pays industrialisés un certain nombre de revendications tenant aux droits individuels et à l'autonomie de la personne, conduisant à des changements sociaux importants (dépénalisation du suicide, de l'avortement, de l'homosexualité, libération sexuelle, légalisation du divorce, de la contraception,etc.). Certains penseurs (dont les théologiens Joseph Fletcher (en) et Paul Ramsey) ont critiqué le paternalisme des médecins [1]; d'autres (tel le scientifique Henry K. Beecher (en)) les manquements éthiques à l'égard des sujets d'expériences médicales [1]. Ces critiques ont été développées dans les années 1970 (les philosophes C. Callahan et D. Clouzer [1], la sociologue Renee Fox (en)) ou encore lemouvement anti-psychiatrie.
En 1969, le psychiatre Willard Gaylin et le philosophe catholique Daniel Callahan fondent l'Institute of Society, Ethics and the Life Sciences (en), qui deviendra le Hastings Center. Dès 1973, Callahan présente, dans le Hastings Center Report, la bioéthique en tant que discipline [1]. Un deuxième centre, le Joseph and Rose Kennedy Institute for the Study of HumanReproduction and Bioethics, qui compte un Center for Bioethics, est créé en 1971 [1]. Celui-ci publie à partir de 1977 l' Encyclopedia of Bioethics, puis à partir de 1991 le Kennedy Institute of Ethics Journal (en). Pour ce dernier, la bioéthique concerne non seulement l'ensemble des problèmes liés, ou non, aux thérapies, mais aussi les dimensions sociopolitiques des progrès biomédicaux (possibilitéd'utiliser les techniques à des fins autres que strictement thérapeutiques, par exemple avec la sélection du sexe par diagnostic prénatal, le FIVETE chez la femme ménopausée, etc.), et englobe l'ensemble du règne animal et végétal.
Marie-Hélène Parizeau [1], professeur de philosophie à l'Université Laval, distingue trois approches principales en bioéthique:
le « principisme » de Tom Beauchamp (en)et James Childress (en), exposé dans Principles of Biomedical Ethics (1979), qui formalise quatre principes formels (principe d'autonomie, de bienfaisance, de non-malfaisance et de justice, ou fair opportunity), l'arbitrage entre ceux-ci étant laissé aux acteurs eux-mêmes;
l'approche de Tristram Engelhardt (en), qui penche pour une « éthique pluraliste et séculière » [1], refuse de donnerpriorité à quelque approche morale que ce soit (qu'elle soit fondée sur la raison, l'intuition ou la religion) pour laisser place à une négociation entre la pluralité des acteurs (il convient de noter que cette pensée s'exprime avant tout dans la première édition de ses Fondations of Bioethics -1986-; la seconde, publiée après sa conversion à l'orthodoxie en 1996 prend ses distances vis-à-vis de lapremière édition);
enfin le modèle casuistique et « contextualiste » développé par Albert R. Jonsen (en) et Stephen Toulmin [1].
Outre ces modèles principaux, M.-H. Parizeau note aussi les approches de David Thomasma, celle des narrative ethics et enfin celle, féministe, des ethics of care (en) [1].
La présence plus faible de la bioéthique en tant que philosophie conduit, en France, à laisser lechamp libre à d'autres discours normatifs, tels que le discours médical et scientifique, le discours religieux et le discours juridique [1].
Domaines de la bioéthique [modifier]
Biotechnologies appliquées à l'homme [modifier]
La bioéthique est devenue un sujet d'actualité, suite aux manipulations génétiques effectuées sur les plantes alimentaires, au clonage et à l'utilisation d'embryonshumains. Historiquement, elle est apparue au moment où le pouvoir fourni par la médecine est devenu plus important (maîtrise de la fécondité par les femmes grâce à la pilule contraceptive, apparition des premiers services de soins intensifs avec la possibilité, inconnue jusqu'alors, de l'acharnement thérapeutique et la difficulté inédite qu'il y avait à prendre la décision d'arrêter un traitement...
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