Biographie de jean genet

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1853 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 2 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Biographie [modifier]
De père inconnu (Son nom était Blanc selon les archives de l'Assistance publique), abandonné à la naissance par sa mère, le jeune Jean Genet est envoyé dans une famille nourricière du Morvan (Alligny-en-Morvan). Cette région, véritable « laiterie » de la France au début XXe siècle, regroupe alors une grande proportion des familles mandatées par l'Assistance publique pourrecueillir et élever les enfants abandonnés de la IIIe République.
La famille adoptive de Genet lui offre l'éducation communale, une mère de lait douce et aimante, un environnement protégé. L'enfant y est heureux, bon élève et enfant de chœur, mais réservé et taciturne. De cette époque remontent les premiers émois masculins de Genet, en la personne du petit Lou Culafroy — qui deviendra plustard Divine, héros et ensuite héroïne de Notre-Dame-des-Fleurs — ainsi que d'hommes plus âgés, braconniers de passage ou marginaux égarés. Il obtient la meilleure note de sa commune au certificat d'études primaires
Il commet son premier vol à l'âge de 10 ans. C'est l'acte fondateur de la mythologie de Genet qui, fustigé pour son acte, donne un change très existentialiste en sanctifiant son geste,revendiquant ainsi une antisocialité profonde. Il fugue et, à 13 ans, est séparé d'office de sa famille d'adoption pour suivre une formation de typographe. Fuguant à nouveau, il est enfermé dans la colonie pénitentiaire de Mettray, où se cristallisent ses tentations homosexuelles ainsi que toute la liturgie de domination/soumission, la hiérarchie masculine et virile et la féodalité brutale qui endécoulent aux yeux de Genet.
Il quitte les lieux à 18 ans, s'engage dans la légion étrangère. Il découvre pour la première fois l'Afrique du Nord, le Proche-Orient, qui lui laissent une très forte impression de par les passions qui y règnent, le charisme mâle et volontaire de ses habitants. Revenu à Paris, vivant de petits larcins (dont le vol de livres), Genet fréquente plusieurs prisons, dontla maison d'arrêt de Fresnes.
Il y écrit ses premiers poèmes et ses quelques ébauches de roman, sans cesse reprises, refondues, rejetées. Genet est un perfectionniste, un éternel insatisfait, un obsédé de la beauté du mot. Lui qui sacralise le geste, la signification de l'acte, n'admet la viabilité du verbe que lorsque il est beau, puissant, racé.
Ses premiers romans paraissent. Censurés,car jugés pornographiques, ils se distribuent sous le manteau. Le journal du voleur décrit ses errances adolescentes hors de France. Le miracle de la rose met en parallèle ses années de prison et sa fascination pour un assassin avec ses années à la colonie de Mettray. Notre-Dame-des-Fleurs évoque l'enfance et les créatures ambiguës de la nuit homosexuelle parisienne du Paris d'avant-guerre. DansPompes funèbres (1947), Jean Genet propose une vision homoérotisée d'Hitler, ainsi qu'un regard poétique sur les rapports qu'entretiennent la violence nazie et l'attirance sexuelle.
« Les joyeux l'appellent encore "œil de bronze" ce que l'on nomme aussi "la pastille", "la rondelle", "l'oignon", "le derch", "le _derjeau", "la lune", "son panier à crottes". (...)
_
_La vénération que je porte àcet endroit du corps et l'immense tendresse que j'ai accordée aux enfants qui me permirent d'y pénétrer, la grâce et la gentillesse du don de ces gosses, m'obligent de parler de tout cela avec respect. Ce n'est pas profaner le mort le mieux aimé que dire (...) le bonheur qu'il m'offrit quand mon visage était enfoui dans une toison que ma _sueur et ma salive rendaient moites, se collant en depetites mèches qui séchaient après l'amour et restaient rigides (...). J'aimai la violence de sa queue, son frémissement, sa taille, les boucles de ses poils, la nuque, les yeux de ce môme et le trésor unique et ténébreux, "l'œil de bronze" qu'il ne m'accorda que très tard, un mois avant sa mort environ. »[1]
Fasciné par les cultes du corps et de la virilité développés par le nazisme, il fait...
tracking img