Biographie de michel de montaigne

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  • Publié le : 26 septembre 2010
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Michel de Montaigne est issu d'une famille de riches négociants bordelais, les Eyquem.
Son arrière grand-père, Ramon Eyquem, fait l'acquisition en 1477 de la petite seigneurie périgourdine de Montaigne, arrière-fief de la baronnie de Montravel, composée de terres nobles et d’un modeste manoir. Cette acquisition est la première étape de l’accession à la noblesse, une famille roturière pouvantobtenir l’anoblissement au bout de deux générations à condition de « vivre noblement » (pas d’activité commerçante ou de travail manuel, participation aux assemblées de la noblesse, aller à la guerre) et de payer de lourdes charges (droits de francs fiefs, service du ban et de l’arrière-ban).
Si son grand-père, Grimon Eyquem, reste marchand et continue à faire prospérer la maison de commerce deBordeaux, son père, Pierre Eyquem, le premier de la famille à naître au château de Montaigne (1495), rompt avec le commerce et embrasse la carrière des armes. Il participe aux campagnes d'Italie. En 1519, « noble homme, Pierre Eyquem, seigneur de Montaigne, écuyer », rend hommage à l’archevêque de Bordeaux, suzerain de la baronnie de Montravel. Sa roture est définitivement éteinte.
En 1529, ilépouse Antoinette de Louppes de Villeneuve (ou Lopez de Villanueva), fille et nièce de marchands toulousain et bordelais enrichis dans le commerce du pastel, d'origine espagnole, descendants ou non de juifs convertis (le problème a fait l'objet de vives controverses et n'est pas résolu de façon définitive) mais parfaitement intégrés dans un cadre social français et chrétien. Les Louppes de Villeneuvejouissent d'une fortune identique à celle des Eyquem, mais sont en retard sur eux d'une génération dans l'accession à la noblesse (ils abandonneront le nom de Louppes - pour celui de Villeneuve- comme Montaigne celui d'Eyquem). Les deux premiers enfants du couple meurent en bas âge ; Michel est le premier qui survit. Il sera l'aîné de sept frères et sœurs.
Pierre Eyquem, excellent gestionnaire deses biens, arrondit son domaine avec l'aide de son épouse, forte personnalité et intendante hors-pair, par achats ou par échanges de terres (son notaire passe 250 actes en trente ans). Reconnu et considéré par ses concitoyens bordelais, il parcourt tous les degrés de la carrière municipale avant d'obtenir en 1554 la mairie de Bordeaux.
Si Montaigne montre dans les Essais son admiration et sareconnaissance pour son père, il garde pratiquement le silence sur sa mère. Il semble bien qu'il ait eu des rapports tendus avec elle. Pierre Eyquem devait en être conscient, qui a pris soin dans son testament de définir dans les moindres détails les conditions de cohabitation entre la mère, fière d'avoir par son travail avec son mari, "grandement avaluée, bonifiée et augmentée" la maison de Montaigne(ce sont les termes de son testament de 1597, cinq ans après la mort de Michel) et le fils qui s'est contenté de jouir paisiblement de l'héritage acquis.

« Le bon père que Dieu me donna m’envoya dès le berceau, pour que j’y fusse élevé, dans un pauvre village de ceux qui dépendaient de lui et m’y maintint aussi longtemps que j’y fus en nourrice et encore au-delà, m’habituant à la plus humble età la plus ordinaire façon de vivre5.» écrit Montaigne qui ajoute : « La pensée de mon père visait aussi à une autre fin : m’accorder avec le peuple et cette classe d’hommes qui a besoin de notre aide, et il estimait que je devais être obligé à regarder plutôt vers celui qui me tend les bras que vers celui qui me tourne le dos (…) Son dessein n’a pas mal réussi du tout : je me dévoue volontiersenvers les petits. »
Père cultivé et tendre, Pierre Eyquem donne à son fils de retour au château une éducation selon les principes humanistes, en particulier inspirée du De pueris instituendis d’Erasme, se proposant de lui donner le goût de l’étude « par une volonté non forcée et de son propre désir6 ». L’enfant va apprendre le latin, alors seconde langue de toute l’élite européenne cultivée,...
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