Biographie de voltaire

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  • Publié le : 5 mai 2010
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François-Marie Arouet est né le 21 novembre 1694 mais dans divers écrits, Voltaire affirme être né en réalité neuf mois plus tôt le 19 ou le 20 février 1694 à Châtenay-Malabry : le baptême du 22 novembre à Paris à Saint-André-des-Arts aurait été retardé du fait du peu d'espoir de survie de l'enfant. Arouet conteste également sa paternité.

Originaires d’un petit village du nord du Poitou,Saint-Loup, où ils exercent au XVe siècle et XVIe siècle une activité de tanneurs, les Arouet sont un exemple de l’ascension sociale de la bourgeoisie au XVIIe siècle. Le premier Arouet à quitter sa province s’installe à Paris en 1625 où il ouvre une boutique de marchand de draps et de soie. Il épouse la fille d’un riche marchand drapier et s’enrichit suffisamment pour acheter pour son fils, le père deVoltaire, une charge de notaire au Châtelet en 1675 assurant à son titulaire l’accès à la petite noblesse de robe. Ce dernier, travailleur austère et probe aux relations importantes, arrondit encore la fortune familiale, épouse la fille d’un greffier criminel au Parlement et revend son étude en 1696 pour acquérir une charge de conseiller du roi, receveur des épices à la Cour des comptes. Voltaireperd sa mère à l’âge de sept ans. Il a un frère aîné, Armand Arouet (1685-1745), avocat en Parlement, catholique rigoriste et janséniste opiniâtre, célibataire dont Voltaire hérita les biens, et une sœur, Marie Arouet (morte le 15 octobre 1726), épouse de Pierre François Mignot, correcteur à la Chambre des Comptes, seule personne de sa famille qui lui ait inspiré de l’affection, qui sera la mèrede deux fils, dont l'abbé Mignot, et deux filles, Madame de Fontaine et Marie Louise Mignot, la future Madame Denis. Contrarié et chagrin, François Arouet s'écrie : « J'ai pour fils deux fous, l'un en prose et l'autre en vers ».
Éducation : les Jésuites et la société libertine du Temple
L’enclos du Temple, détail du plan de Turgot, 1739. Le palais du grand prieur se trouve à droite de la ported’entrée.

Arouet père veut donner à son cadet une formation intellectuelle qui soit à la hauteur des dons que celui-ci manifeste dès son plus jeune âge. À dix ans, il entre chez les Jésuites du collège Louis-le-Grand, l’établissement le mieux fréquenté et le plus cher de la capitale. Les jésuites enseignent le latin, le grec et la rhétorique, mais veulent avant tout former des hommes du monde etinitient leurs élèves aux arts de société : joutes oratoires, plaidoyers, concours de versification, et théâtre qui occupe une large place dans la vie du collège. Élève brillant, vite célèbre par sa facilité à versifier, Arouet y apprend à plaire et à parler d’égal à égal avec les grands. Il y tisse des liens d’amitié et des relations précieuses dont il saura user toute sa vie : les frèresd’Argenson, René-Louis et Marc-Pierre, futurs ministres de Louis XV et le futur duc de Richelieu.

À contre-pied de l’éducation des jésuites, la fréquentation de la société libertine du Temple eut une influence non moins importante sur le jeune Arouet. L’abbé de Châteauneuf, son parrain et homme de lettres, l’introduit dès l’âge de douze ans dans cette société qui rassemble au Temple dans l’hôtel dePhilippe de Vendôme, grand prieur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, des membres de la haute noblesse et des poètes, épicuriens lettrés connus pour leur esprit et leur amoralité, et amateurs de soupers galants où l’on boit sec. Le jeune garçon les amuse en leur faisant des vers « légers, rapides, piquants, nourris de référence antiques, libres de ton jusqu’à la grivoiserie, plaisantant sans retenuesur la religion et la monarchie ». En leur compagnie, il se persuade qu’il est né grand seigneur libertin et n’a rien à voir avec les Arouet et les gens du commun.
Étudiant en droit ou homme de lettres ?

Il quitte le collège à dix-sept ans et annonce à son père qu’il veut être homme de lettres, et non avocat ou titulaire d’une charge de conseiller au Parlement, investissement pourtant...
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