Biographie

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  • Publié le : 29 décembre 2008
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L’organisation spatiale de l’Europe

Les limites de l’Europe semblent aujourd’hui encore très floues. La Russie est-elle européenne ? Et la Turquie ? L’Europe « de l’Atlantique  à l’Oural » qu’évoquait le Général de Gaulle semble un peu simplificatrice au regard de ces exemples. C’est l’Est qui pose le plus problème car au contraire des continents américains, de l’Afrique ou de l’Océanie, unocéan ne vient pas nettement séparer l’Europe de l’Asie au sein de l’Eurasie. Les frontières Ouest et Sud semblent en revanche relativement plus nettes grâce à l’existence de limites « naturelles » que sont l’océan Atlantique et le détroit de Gibraltar. Ainsi nous délimiterons l’Europe aux pays de l’Union européenne, aux membres de l’Espace Economique Européen (Norvège, Islande, Suisse) et auxBalkans dans le cadre de notre analyse. En son sein apparaissent des disparités spatiales importantes, de grandes inégalités de développement qui font apparaître une structure de l’espace radicalement différente d’une région ou d’un pays à l’autre.
Dans quelle mesure l’Europe, qui n’a pas de frontières géographiques claires, montre-t-elle une certaine cohérence dans son organisation spatiale ? Cetteunité n’admet-elle cependant pas des limites ? Certains phénomènes de recomposition spatiale caractérisent l’espace européen. Par ailleurs, les échanges sont particulièrement denses et structurants en son sein. Cependant l’espace reste, dans une certaine mesure, globalement hétérogène.

I- L’Europe : un espace métropolitain soumis à de nouvelles logiques de recomposition spatiale

- Desvilles à l’importance croissante : la métropolisation de l’espace européen

- Concentration urbaine exceptionnelle.
L’Europe représente un foyer de population d’environ 600 millions de personnes (hors Russie), dont 75% vivent en ville (INSEE). Cette concentration urbaine est caractéristique de la péninsule européenne par rapport au reste du continent eurasiatique (où environ 39%de la population est urbaine). L’espace européen présente en cela une certaine unité.
La densité de population dans l’Union Européenne (114 hab./km²) est également parmi les plus élevées au monde sur un tel territoire, l’Asie du sud-est seule présentant des taux plus élevés.
Selon Jacques Lévy, «la ville tend à maximiser l'avantage de concentration, c'est-à-dire de coprésence etd’interaction du plus grand nombre d'opérateurs sociaux ». Plus simplement, elle présente l’avantage d’associer, entre autres, habitat et emploi. Il ajoute également que «la densité différencie la ville européenne de la ville nord-américaine, très étalée où l'espace public est voué à l'automobile ». En Europe au contraire, une place importante est laissée au piéton.
L’urbanisation a connuson essor au XIXe siècle avec les révolutions industrielles mais a commencé à ralentir à partir du XXe siècle. Elle semble aujourd’hui stabilisée en Europe occidentale.

- Le phénomène métropolitain.
Cette urbanisation a placé les métropoles, c’est-à-dire les villes principales du réseau urbain, au premier plan dans l’organisation spatiale en Europe. En effet, en plus de lapopulation, les fonctions supérieures de service, de commandement et de production se sont concentrées dans ces villes, généralement des capitales historiques, qui ont ainsi pris une dimension internationale, voire mondiale. Ce processus de concentration s’est accompagné de la formation d’un réseau métropolitain faisant prévaloir la connectivité entre ces villes sur les relations de proximité :« l’archipel métropolitain ». On parle alors de «métropolisation ». Ce phénomène a connu un essor récent de par les progrès dans les transports et les communications qui ont permis de relier plus facilement des villes éloignées géographiquement. Londres, Paris, Milan, Francfort voire Madrid, sont les plus représentatives de ces phénomènes que l’ouverture européenne a étendus à des villes comme...
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