Blakans

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  • Publié le : 22 juillet 2010
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SOURCE 1

La guerre de 1877-1878 avait eu pour effet, non seulement la dislocation de l'Empire ottoman livré désormais en proie à toutes les convoitises, mais l'affaiblissement même de la Russie victorieuse, dont les ressources étaient épuisées en même temps que ses ambitions nationales s'allumaient avec plus d'ardeur. Profitant de l'occasion favorable, l'Allemagne a poussé l'Autriche en avantdans la péninsule des Balkans avec une rare vigueur […].
Votre Excellence sait avec quelle énergie et quelle persévérance, depuis quinze ou dix-huit mois surtout, l'Autriche a fait sentir son action sur les petits Etats de la péninsule, sur le Monténégro et la Serbie, en Bulgarie, en Roumanie même. Ces Etats sont autant de clients que l'Autriche dispute aujourd'hui avec âpreté à la Russie, etmalgré les avantages que donne à cette dernière la communauté de race et de religion, les principautés slaves tombent peu à peu dans l'orbite de la monarchie austro-hongroise.
Les questions de chemins de fer, la navigation du Danube, les traités de commerce sont autant de moyens dont le Cabinet de Vienne se sert habilement, et, grâce à la pression des intérêts matériels, il oblige par degrés despopulations pauvres et ignorantes à subir son ascendant. La Roumélie, la Macédoine n'échappent pas à ce travail ; les missions catholiques, qui dans cette région étaient depuis longtemps l'un des principaux moyens d'influence du Gouvernement français, se réclament plus volontiers aujourd'hui de l'Empereur François-Joseph. On sent que l'Autriche, ordinairement si prudente dans ses aspirations et silente dans ses mouvements, est poussée par une main qui ne souffre ni hésitations ni retards.

Note du baron de COURCEIL ambassadeur de France à Berlin, au ministre français des Affaires étrangères, le 22 février 1882.

SOURCE 2

Ce qui a compliqué et exaspéré les luttes nationales en Orient, c'est l'intervention des puissances intéressées, pour exciter les peuples balkaniques l'un contrel'autre, en faisant miroiter à leurs yeux la possibilité d'agrandissement territorial, soit aux dépens de la Turquie, soit à leurs propres dépens.
Sous ce rapport, c'est la Russie qui a joué le rôle le plus néfaste […] Pour poursuivre sa poussée irrésistible vers le sud - la Méditerranée la Russie devait conquérir la Turquie […]. Je ne parlerai pas des innombrables projets de partage de l'empireottoman que la Russie a voulu conclure ou a conclus avec l'Autriche, la France ou l'Angleterre.
Ces projets n'ont pu aboutir à cause de l'impossibilité de partager Constantinople avec ses détroits ; ne pouvant faire une guerre directe de conquête, la Russie a dû s'arrêter à la seule politique possible, celle de l'intervention permanente en Turquie en vue de la protection des chrétiens. Le résultatdevait être l'affaiblissement et enfin la désagrégation de la Turquie.
Dans les vues de cette politique, il entrait:
1° de ne pas permettre à la Turquie de se consolider par une réforme intérieure […];
2° de ne pas permettre aux États balkaniques, dont la création devait être une étape vers leur conquête définitive par la Russie, de se fortifier par leur union. Ceci enlèverait à la Russie ledroit de les protéger.
Si nous avons fait cette longue digression dans l'histoire diplomatique de l'Orient, c'est pour montrer qu'aujourd'hui la formation d'une confédération balkanique ne rencontrera plus d'adversaires aussi puissants et aussi implacables que dans le passé. La Russie, affaiblie après la défaite dans l'Extrême-Orient, est entrée […] dans une phase de recueillement, ne peut plus aumoins pour longtemps encore mener une politique agressive dans les Balkans."

C. RACOVSKI, «Vers l'entente balkanique», Revue de la paix, 1908.

SOURCE 3

Les affaires de la Turquie sont dans un grand état de désorganisation. Nous avons sur les bras un homme malade, gravement malade […] Il y a là plusieurs millions de chrétiens aux intérêts desquels je suis tenu de veiller […] Je ne...
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