Blocages omc

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1360 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 12 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Economie de la mondialisation

Comment peut-on expliquer le blocage du processus de négociation engagé depuis 1995 à l'OMC afin d'accroître la libéralisation des échanges ?

C’est le 1er Janvier 1995 suite à l’Accord de Marrakech (15 avril 1994) que l’on assiste à un changement de nature d’ordre international. Le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) et son caractère provisoire detraité international laisse place à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et ses accords qui relèvent du permanent, induits par son statut d’organisation. Si aujourd’hui, cette institution internationale nous paraît en crise, revenons sur ce qui a bloqué la libéralisation des échanges entre les membres de l’OMC dans les processus de négociations.

Depuis sa naissance, l’OMC a connu sixconférences ministérielles : Singapour (1996), Genève (1998), Seattle (1999), Doha (2001), Cancun(2003) et Hong-Kong (2005). Celles-ci, outres les bilans et les réflexions sur de nouveaux sujets, sont parfois le point de départ de cycles de négociations, comme pour Doha, que nous traiterons par la suite.
Que penser des particularités de cette institution? Comparée à la Banque mondiale (10 000 personnes)ou au FMI (2700 personnes), l’OMC ne compte que 637 personnes. Elle est aussi caractérisée par son régime « member driven » où le pouvoir est attribué aux membres de l’organisation. Ces facteurs structurels ne sont bien évidemment pas constitutifs du blocage du processus de négociation mais peuvent avoir des incidences sur les manquements développés ci-dessous.
Les deux premières conférences del’OMC, Singapour et Genève, n’ont pas soulevé de grands changements (bouleversé la dynamique). A Singapour, d’autres thèmes ont été ajoutés dont notamment ‘les sujets de Singapour’ : investissements, marchés publics, concurrence et facilitation du commerce. A Genève, en raison du contexte de crise financière en Asie du Sud Est, la volonté d’ouvrir les marchés n’a été que réaffirmée, et desdispositions sont prévues en faveur des pays moins développés. Cependant, un nouveau cycle de négociation est évoqué et les divergences entre les membres de l’OMC commencent à apparaître.
Dans les conférences qui suivent, les oppositions sont belles et bien présentes, en accueillant à Seattle les ONG dans ses travaux, l’OMC est perçue comme symbole de mondialisation et de libre-échange, ce qui déclenchedes émeutes importantes menées par des groupes d’intérêt, des syndicats de salariés et des organisations réclamant des réglementations d’échanges internationaux. Des vieilles rancœurs du cycle de l’Uruguay sur le sujet de l’agriculture refont surface entre les Etats-Unis, l’UE et le groupe de Cairns. Les Etats-Unis ont pour priorité l’élimination des subventions aux exportations, une baisse desdroits de douane et une facilitation des marchés. Le groupe de Cairns veut un traitement des produits agricoles identique aux produits industriels. L’UE veut une « multifonctionnalité » de l’agriculture, c’est-à-dire prendre en compte des sujets non commerciaux comme le développement durable par exemple. Ceci donne le ton, le sujet de l’introduction d’une clause sociale dans l’OMC oppose cettefois-ci l’UE et les Etats-Unis voulant l’instauration de la clause sociale en associant les travaux de l’OMC à ceux de l’OIT aux PVD et PMA qui refusent catégoriquement cette option la qualifiant d’ « habillage d’une protection accrue à leur égard » [Potier, 1997].
La conférence de Seattle se solde sur un échec et des améliorations sont attendues à Doha avec l’ouverture d’un nouveau cycle desnégociations.
Lors de ces négociations, le traitement des sujets visant à ouvrir les marchés fait naître des attentes propres à chaque pays ou groupe de pays. Selon la Confédération Européenne des Syndicats, l’échec du processus de négociation de Doha « relève d’une obstination aveugle, notamment de la part des pays les plus riches, et aujourd’hui de certains pays émergents, qui ont tenté d’imposer...
tracking img