Bloomsbury

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  • Publié le : 5 mai 2010
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le MUSEE
Oui, bien sur, si tout va bien demain, dit le professeur. Mais il vous faudra être attentif, ajouta-t-elle.
Ces paroles causèrent à l'élève une joie extraordinaire. Pour lui il était désormais entendu que la visite se ferait surement et que la merveille semblait à sa portée de sa main, qu'il n'enétait plus séparé que par une nuit de ténèbres
Comme il appartenait à la grande famille des êtres incapables de séparer leurs sentiments des uns et des autres et d'empêcher la perspective de l'avenir, avec tout ce qu'elle contient de joies et de peines, d'obscurcir la réalité présente…
Ainsi, le tour le plus léger de la roue des sensations a la faculté de cristalliser, de transpercer et defixer le moment sur lequel il a posé son ombre ou sa lumière…
Peu à peu la lumière si forte durant la journée s'affaiblissait, et les ombres venaient danser sur les murs de la chambre. Aux bruits sourds de jour, succédaient la musique silencieuse de la nuit. Tout s'apaisait, tout se taisait, mais il restait tapi dans l'ombre la lumière de l'espoir du lendemain. La lumière qui allait ainsi jouersur les couleurs de la vie qui s'était posée sur des toiles, comme celle, grandiose des jours qui passaient.
Ils savaient ce qu'était une toile, ces fiers tisserands de cette vieille ville de travail, penchés sur leurs métiers, pour fabriquer ces lourds tissus recherchés dans le monde entier. Ils étaient si nombreux ceux qui ainsi chaque jour disposés les fils de chaine et des fils de trame pouren faire des toiles, des sergé, des satins. Ces toiles ainsi parfois retenaient la lumière pour en faire des vagues de couleurs, des vagues bleues, des vagues vertes qui promenaient sur les rives de rapides éventails.
Elles dormaient au sein d'un lieu qui les retenait à la fois prisonnières, et protégées. Pouvait-on enfermer ces muses qui gambadaient allégrement dans les jardins de laconnaissance. Par les Muses seulement l'homme est exempt de la Parque et ce qui porte leur marque demeure éternellement. Mais la peinture ne fut pas Muse, mais on construisit de temples à leur gloire, qu'on nomma ainsi au temps de la Renaissance, aux temps modernes, musées…
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Ainsi donc, le temps poursuivait sa course folle. Et l'obscurité amenait à la rencontre du sommeil. Morphéeviendrait ainsi peupler le temps de la nuit. Il prendrait les formes des désirs comme il l'avait fait depuis des siècles pour apaiser les douleurs humaines.
Il prit la forme de Mimesis.
Il s'agissait d'un être sans âge, on le dit parfois vieillard surgissant ainsi des années du temps. Il avait ce regard perçant de celui qui vu les siècles passer, il avait l'intelligence de celui qui a cherché àcomprendre les mécanismes du temps. Il possédait le sourire de celui qui vient à la rencontre du savoir.
Tu vas entrer dans le temple du temps. Vois-tu, un musée est un lieu du temps. Tu franchis la porte du Temple, tu entres dans le sacré. Je suis l'âme de ce lieu, parfois certains me prennent pour un fantôme, mais ils se trompent, je ne suis pas mort, je suis là, comme un gardien de la mémoire,comme un conteur de mots et d'histoires, comme un fidèle ami des souvenirs qui passent. Un musée c'est un lieu du temps, hors du temps. Toi, en venant dans ce lieu, tu vas le faire vivre pour toi, pour ton regard. Tu viendras t trouver une part de ton histoire, une part de ta vie, et tu laisseras l'histoire te construire. Bien sur, parfois ce ne sera qu'une brève rencontre, comme tu en faissouvent : tu rencontres une personne et bien vite elle repart dans ce monde des autres, mais parfois elle te laisse un petit morceau d'elle-même. Voilà, certains ont passé des heures à essayer de s'exprimer ou d'exprimer ce qu'ils ressentaient par des formes nouvelles, une peinture, une sculpture, … des objets uniques qui sortaient d'eux même, et qu'ils apportaient au monde. Toi, tu vas venir les...
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