Bon sauvage et bonheur

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  • Publié le : 23 octobre 2011
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Peut- on dire que le « bon sauvage » incarne un rêve occidental de bonheur ?
Le « bon sauvage » est le fruit de l’imaginaire de tous les grands lecteurs des récits de voyages qui foisonnent à partir du 16e siècle. Il permet de conceptualiser l’homme démuni des acquis de la société. Le mythe est par définition, un récit qui met en scènes des personnages imaginaires afin de retracer l’histoired’une communauté, de symboliser des aspects de la condition humaine voire de traduire les aspirations ou les angoisses d’une collectivité pour laquelle ce mythe a un sens. Il serait intéressant de relier le mot incarnation, rêve et bonheur pour en déduire qu’il s’agit donc d’une utopie qui est entre autre une représentation idéalisée de l’humanité. De plus le terme d’incarnation nous renvoi à un termede rapprochement de valeur qui s’établit sur un plan symbolique, le bonheur lui étant un eudémonisme. Or le sauvage se situe avant la signification et la confiance. Le terme de mythe corrélé à celui de l’utopie signifie donc que le sujet nous amène à un double éloignement de l’homme civil pour parvenir à saisir le « bon sauvage ». Il y a donc une réelle implication anthropologique. Mais pourquoiidéalise ton le bon sauvage ? Qu’est-ce que l’homme a perdu pour rêver d’une telle simplicité ?

I° Les deux pôles de l’âme
• Soumission / Domination
Le bon sauvage aurait tendance à subir son destin, il est dans l’acceptation de sa fatalité et ne cherche en rien à le fuir. On peut relier cela au FATUM qui signifie en latin la fatalité. En effet, le bon sauvage, homme complètement innocent nepossède que le sentiment de soi, de son environnement. Il ne cherche qu’à assouvir ses besoins naturels c’est-à-dire ceux qui consistent en sa subsistance. A l’état de nature l’homme serait naturellement bon, guidé par ses instincts dans une vie idyllique dont il trouverait son bonheur dans une vie frugale et simple. Mais pouvons-nous réellement dire que le bon sauvage est heureux ? Il estaffranchi de tout lien social, entièrement libre certes mais sans contraintes ni lois. Il vit seul, ne reconnait pas ses semblables, il n’a pas développé sa raison, il n’a pas conscience de son existence.
Au contraire de l’homme qui lui possède une conscience est un être de désirs, dont ces derniers évoluent en permanence et une fois satisfait se reportent sur un autre objet. Le désir est en que quelquesorte lié à la souffrance. Car en effet, il est insatiable, il repose sur des objets indistincts et n’est pas seulement le désir d’objet mais également le désir d’être le support de cet objet. Si l’on repense au FATUM du bon sauvage, on constate qu’au contraire l’homme est nécessairement preneur de risques afin de s’intégrer dans la société il n’assume pas totalement son destin. Il a besoind’être quelqu’un pour exister.
Selon les stoïciens l’homme heureux est celui qui s’abandonne à son destin sans en être affecté. Pour cela, il doit être capable de maîtriser ses passions, comme le plaisir, le déplaisir, la crainte et l’envie afin d’atteindre un état d’apathie qui le laisse libre et maître de lui-même et le met en harmonie avec la nature. Le stoïcisme fait appel à la connaissance commemoyen d’accéder à la vertu. Le bonheur est donc fondé sur l’ascétisme.
• Nature / Culture :

Le bon sauvage est au centre du débat qui oppose les notions de nature et de culture, s’intègre à une série d’interrogations sociales, morales et politiques. Il est utilisé par certains philosophes dans une stratégie du regard extérieur : le monde occidental est découvert par des yeux étrangers, ce quipermet de mettre en relief les anomalies de la société, le conformisme intellectuel et moral.

= > Transition : On peut constater l’évolution du rôle joué par le concept de nature qui devient un instrument de dénonciation de la société, de dérision des mythes que se compose cette société pour compenser ses incohérences.
II ° Le mythe et naïveté
Il est bien connu que l’homme, foncièrement...
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