Bonheur naturel a l'homme

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  • Publié le : 3 mai 2011
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« Heureux comme un bébé »… L’expression est courante, et semble fondée sur le roc de la certitude la plus inébranlable, (même pour les plus branleurs d'entre nous, et Dieu sait que certains le sont dans cette classe, avec bravoure et panache) : le sourire béat d’un nourrisson qui s’endort après avoir tété sa mère n’est-il pas le signe que l’être humain n’a besoin de presque rien pour être heureux? Mais comment comprendre alors que les hommes consacrent tant d’énergie toute leur vie à travailler pour atteindre une rare satisfaction? Mystère insoluble ! Le bonheur est-il facile ou difficile ? Enigme insondable ! La joie elle naturelle à l’homme, ou nécessite-t-elle, - vade Retro, Satanas ! - une construction, un effort, voire même une insensée création laborieuse ? Cette question ô combienlancinante, même pour les plus starlettes de la croisette nous invite à nous interroger en métaphysicien sur la nécessité - et même, soyons fou ! - sur la véritable valeur de la culture au regard de la nature. Bref, "à quoi ça sert que Ducroq il se décarcasse?", comme le rappelait avec son flegme habituel le fils de Platon dans une pub télé encore inédite sur You Tube?

La première idéelumineuse qui s’impose immédiatement à la douce moiteur printanière de mon obscur esprit naïf tel le jet d'eau honteux qui jaillit fièrement de l'arrosoir troué d'un pompier face à l'incendie de la colline est que le bonheur est naturel à l’homme. Oui, j'ose l'affirmer contre le sourcil tyrannique de tous les proviseurs en jupon de l'Occident (et Dieu sait que certaines ont le sourcil redoutable etredouté!) : le bonheur est naturel ! Nous n'avons pas besoin de travailler ! Vous voulez une argumentation ? La voici : si on appelle bonheur un état général de plaisir, une simple joie de vivre, il semble évident qu’un tel état puisse être atteint spontanément, puisque la majorité des enfants et même des adultes qui se laissent aller à vivre selon leurs instincts éprouvent quasi immédiatement etuniversellement cette jubilation. D’ailleurs, qui ne préfère les vacances au travail ? Même certains présidents de la république pourtant affamés de luxe ne dédaigneraient pas à la bagatelle, si on en croit le journal officiel d'ontologie présidentielle "Gala". C’est que - sagesse de nos rois philosophes - chacun sait dès le berceau que la vie est bonne par elle-même. « Comme la fraise a goût defraise, la vie a goût de bonheur » affirme Alain, de son vrai nom Emile Chartier, n'ayons pas peur du ridicule. Le bonheur, le vrai, le bon, le "certifié conforme" par les expert de l'INSEE, semble en effet accompagner la perception du simple fait d’être en vie, de cette chance incroyable qui consiste simplement à exister, même pour le plus raté d'entre nous, à avoir un corps doué de tant de facultésdans un monde si riche à savourer. Passons une étude à des doctorants en sociologie, si possible boutonneux et diabétiques, pour vérifier cette assertion somme toute assez irréfléchie d'un pseudo intello . Regardons avec eux et sous leur contrôle d'enregistreurs objectifs des faits et gestes du monde social de simples enfants qui jouent ensemble (avec leurs papiers d'identité en règle, cela va desoi): ils semblent spontanément heureux, n'est-ce pas, jouant au chat et à la souris, au papa et à la maman, ou au docteur et à l'infirmière... dès lors bien sûr que leurs instituteurs, parents et autres éducateurs bienfaiteurs de l'humanité ne leur adressent des remontrances éventuellement accompagnées de généreuses torgnoles pour leur apprendre les bonnes manières... Si leurs besoins fondamentauxsont comblés, autant corporels que psychologiques et affectifs - sécurité, amour, liberté,- ils sont heureux ! Ne sont-ils, comme Rousseau l'avait lui-même observé scientifiquement chez son Emile imaginaire, de parfaits monuments de félicité ? Or la vie naturelle comble ces besoins ! Comme l’a montré le divin Epicure dans sa non moins divine et pourtant humaine lettre à Ménécée, il suffit...
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