Bonheur, travail et sociologie

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Bonheur, travail et sociologie
par Christian Baudelot, Michel Gollac et le séminaire « Bonheur et travail » de l’Ecole normale supérieure
23 avril 2001
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1 Le séminaire a rassemblé de nombreux élèves de l’ENS et étudiants du DEA de sciences sociales de l’ENS et de l’EHESS. Animé par C. Baudelot et M. Gollac, il a bénéficié de la participation active de plusieurs chercheurs : StéphaneBeaud (ENS et CSEC), Damien Cartron (CEE), Anne Flipo (INSEE), Marc Gurgand (CEE et CREST), Elisabeth Labrouste (ENS), Martine Lurol (DARES) ainsi que Dominique Mé da (DARES).

Nous remercions également les chercheurs qui nous ont fait part de leurs conseils et critiques à propos de la rédaction du questionnaire de l’enquête statistique, en particulier François Héran et Serge Volkoff. Ils nesauraient cependant être responsables des nombreuses imperfections de l’enquête. L’enquête a été réalisée en partenariat avec l’INSEE et à la DARES qui ont apporté un concours intellectuel, technique et financier.
Rédaction provisoire. Pour discussion.

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Avertissement important Ce texte est destiné à être lu par des adultes avertis. On y trouvera des chiffres relatifs à des questionsd’opinion, des indices chiffrés de bonheur, des coefficients de dépendance entre variables. Nous n’avons pas systématiquement répété que les réponses à une question ne peuvent en toute rigueur mesurer que le comportement de réponse à cette question ; qu’un indice n’est jamais qu’un indice, de quelque façon qu’on le nomme ; ou encore que le lien estimé entre deux variables ne vaut que dans le cadre d’unmodèle particulier. Nous nous sommes contentés de le rappeler lorsque le risque de méprise nous est apparu particulièrement élevé.

Avant de commencer la lecture du papier, merci de remplir le questionnaire joint.

Rédaction provisoire. Pour discussion.

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Les nouvelles formes d’organisation de la production donnent une importance accrue au rapport subjectif des personnes à leur travail. Endépit des difficultés propres aux enquêtes d’opinion, celui-ci a fait l’objet d’une investigation statistique. L’analyse des réponses recueillies montre que le rapport au travail présente trois dimensions principales : degré de bonheur, degré de pression, individualisation ou caractère collectif du travail. La souffrance n’est pas exactement le négatif du bonheur : l’absence de bonheur combinée à uneforte pression crée le malheur, mais il existe aussi des situations où le travail ne permet pas le bonheur mais tolère le retrait. Les principales composantes du statut social, capital économique, capital culturel, responsabilités hiérarchiques, contribuent à la fois au bonheur et à la pression : elles amènent un auto-investissement, source à son tour de bénéfices matériels et symboliques. Lasouffrance résulte aussi d’une pression, mais subie et non intériorisée. Elle ne résulte pas d’une situation commune à de larges groupes, mais de situations plus locales, plus individuelles, qui ne trouvent pas aisément d’expression collective. Parmi les évolutions actuelles de l’organisation du travail,

l’accroissement de l’autonomie est de nature à augmenter le bonheur au travail. Maisl’intensification du travail augmente considérablement la pression, de sorte que l’écart tend à croître entre ceux qui connaissent le bonheur au travail et ceux pour qui il est source de malheur. Les effets apparaissent au total positifs pour les cadres, négatifs pour les salariés peu qualifiés.

Rédaction provisoire. Pour discussion.

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L’opposition

entre

organisationindustrielle-bureaucratique

et

organisation artisanale-domestique se traduit par des formes différentes de bonheur et de souffrance. A l’investissement heureux de soi-même sur le mode compétitif des champs et des marchés s’oppose l’investissement heureux dans un collectif sur un mode coopératif. A la souffrance taylorienne bien décrite par la sociologie du travail s’opposent des formes de souffrances qui...
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