Bonheur

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  • Publié le : 10 décembre 2010
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2) Renoncer à tous ses désirs
Faut-il alors renoncer à tous ses désirs ? C'est cette solution que préconise Schopenhauer. Selon lui, tout dans l'univers (les êtres vivants comme les forces chimiques ou physiques) est animé de volonté. On pourrait rétorquer que la volonté n'est pas le désir, sauf que chez Schopenhauer la volonté n'a rien à voir avec le libre-arbitre mais est une puissance aveuglede vie, sans fondement et surtout sans finalité. L'homme est un jouet inconscient de ce qui l'anime. Il n'existe aucun plan divin et nous sommes esclaves de notre vouloir-vivre. Le désir est alors l'expression consciente et individuelle de ce vouloir-vivre. On peut donc affirmer, qu'aux yeux de Schopenhauer, l'homme est esclave du désir et oscille entre la souffrance (quand le désir est encoreinsatisfait) et l'ennui (après la satisfaction). La souffrance est alors notre condition.
La morale de Schopenhauer va alors être une morale du renoncement. Il faut d'abord renoncer à transmettre la vie car c'est transmettre la tromperie du bonheur, le seul sentiment moral acceptable étant la pitié qui reconnaît l'universalité de la souffrance. La seule délivrance est la négation du vouloir-vivre,non pas dans le suicide, mais dans l'acte de non-volonté (cette thèse n'est pas éloignée du bouddhisme). Il faut renoncer au désir qui est le mal radical.
Comment renoncer au désir ? Une première solution se situe dans la contemplation esthétique. Comme Kant, Schopenhauer considère qu'elle est désintéressée et donc délivrée des désirs. Mais le vrai remède, le remède radical se situe dansl'ascétisme, refus des biens de ce monde, fusion dans le néant. Seul l'ascète a vaincu l'égoïsme dans le renoncement. Homme clairvoyant, il renonce aux désirs et choisit la mortification pour vaincre le vouloir-vivre générateur de souffrances.
Cette solution en est-elle une ? Rien ne peut vaincre la volonté, impérissable et immuable. Même la mort ne supprime rien. De plus, Schopenhauer omet le caractèreproprement humain du désir. Si satisfaire tous ses désirs n'est pas une bonne règle de vie, l'alternative est-elle vraiment de n'en satisfaire aucun ?

A travers l'analyse de la notion de désir, elle-même directement liée à l'idée que les hommes se font du bonheur, et dans la mesure où le bonheur serait en quelque sorte la résultante de la satisfaction de ce désir - Schopenhauer, philosopheallemand du 19ème siècle, nous livre une vision pessimiste ou négative de la manière dont sont organisés les désirs humains. Le désir correspond essentiellement, à travers la conception qu'il nous en présente, à un manque que les hommes ne pourraient jamais combler. Pour trouver le bonheur, il faudrait renoncer aux désirs, jamais satisfaits, toujours renouvelés. Le caractére insatiable du désirl'annule en effet comme condition de possibilité du bonheur.
Dans le premier moment de ce texte, Schopenhauer explique que le désir est une sorte de moteur à travers lequel, par la satisfaction de ce désir, nous pourrions accéder au bonheur. Mais il n'en est rien, puisque la satisfaction du désir, provoquant la disparition de ce désir, provoque en même temps la disparition du bonheur qui aurait purésulter de cette satisfaction. Dans un second temps, le philosophe allemand explicite la thèse selon laquelle le désir, orienté vers la "conquête" d'un bien, n'aboutit jamais, contrairement à ce que l'on pouvait espérer, à la possession véritable de ce bien. Le désir est essentiellement défini, dans ce passage du texte, comme "besoin", lequel est lié à une "douleur". Schopenhauer en conclut, dans untroisième moment, que le désir, parce qu'il est fondamentalement lié à un manque, ne peut en aucun cas être lié à un plaisir : il ne représente que le symptôme d'un manque ontologique, c'est-à-dire constitutif de l'essence même de l'homme, lui-même associé à une souffrance. Le seul bonheur que nous puissions expérer, c'est celui que nous procure la cessation des souffrances.

Partie I...
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