Bonheur

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 14 (3478 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 15 juin 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Le désir – le bonheur : texte de Schopenhauer extrait du
Monde comme volonté et comme représentation

Introduction
Si l’un de nos désirs les plus fondamentaux est celui d’être heureux, nous avons tendance à penser spontanément que le bonheur réside dans la satisfaction du plus grand nombre de nos désirs, sinon de tous. Pourtant cela ne nous conduit-il pas à vouloir satisfaire sans cesse denouveaux désirs et à éloigner par là toute perspective de bonheur ? Tel est le problème que Schopenhauer envisage dans cet extrait du Monde comme volonté et comme représentation. N’est-ce pas en effet le désir en tant que tel qui est finalement l’obstacle le plus essentiel au bonheur ? C’est ce que Schopenhauer tente de démontrer ici ; cela implique donc que le bonheur ne peut être atteint que parla mort du désir, qu’en cessant de désirer. Mais cela va-t-il de soi ? Faut-il condamner tout désir absolument comme le préconise l’auteur ou bien distinguer seulement ceux qui sont compatibles avec le bonheur de ceux qui s’y opposent ? N’y a-t-il rien de bénéfique dans le fait de désirer ? Nous examinerons ces questions après avoir expliqué dans un premier temps les idées du texte.

ExplicationOn peut distinguer deux grandes parties dans l’argumentation proposée : dans la première, (de « tout vouloir » jusqu’à « jusqu’à demain ») l’auteur procède à l’analyse de l’expérience du désir et démontre le caractère insatiable et inassouvissable du désir. C’est sur cette analyse que repose la thèse qui est présentée, développée et illustrée dans la deuxième partie de l’extrait (de « Tant quenotre conscience » jusqu’à « Tantale éternellement altéré »). Schopenhauer commence par poser une équivalence entre vouloir, besoin, privation, souffrance. Vouloir dans le texte est entièrement synonyme de désirer. Qu’est-ce que désirer ? C’est manquer de quelque chose, éprouver le besoin de sa présence, tendre vers cette chose qui nous fait défaut. Immédiatement cette expérience du manque qui sertà définir le désir est associée à la souffrance, c’est-à- dire à la frustration. Désirer, c’est donc souffrir : tel est le point de départ de l’analyse. Il s’agit ensuite pour l’auteur de montrer qu’aucune satisfaction du désir ne peut venir mettre un terme à cette souffrance du manque, qu’aucune satisfaction ne peut venir combler le manque lié au désir. L’auteur va donc mettre en évidence leslimites de toute satisfaction ou réalisation du désir : d’abord, elle est toujours partielle, car on ne peut satisfaire tous nos désirs à la fois, d’autant qu’en satisfaire certains c’est forcément renoncer à en satisfaire d’autres qui ne vont pas dans le même sens. Par exemple si je désire réussir un examen et mettre toutes les chances de mon côté, il faut bien que je renonce au désir de faire lafête avec mes amis tous les soirs…Ensuite le temps que dure la satisfaction est proportionnellement plus bref que le temps que dure l’attente : il faut souvent travailler dur et longtemps à réaliser des désirs exigeants et ambitieux (ils « tendent à l’infini ») et ce qu’on obtient de réel est en décalage avec ce qu’on avait imaginé : la réalité impose toujours des limites à la satisfaction de nosdésirs, c’est pourquoi cette satisfaction est « parcimonieusement » mesurée. Sans compter le fait que le plaisir par définition est une émotion éphémère. L’infinité du désir, le fait qu’il peut se donner des objectifs toujours plus ambitieux, démesurés, est mis en contraste dans le texte avec le caractère toujours fini des biens réels dont on peut jouir ainsi qu’avec le caractère éphémère de lasatisfaction. Enfin l’auteur souligne le fait que la satisfaction obtenue ne met pas fin au désir, au contraire elle le relance sans fin vers de nouveaux objets. Ainsi ce que l’on convoite perd de son intérêt dès qu’on l’obtient : la possession réelle équivaut, nous dit le texte, à « une déception », puisque le plaisir escompté dure peu et est souvent inférieur dans la réalité à ce qu’on avait...
tracking img