Bonjour

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  • Publié le : 22 avril 2011
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Ceux qui me lisent depuis longtemps savent combien j'aime l'univers d'Alain Korkos. .
Alors, vous pourriez prendre ce qui suit pour une plogue amicale et rituelle. Ce serait dommage. Vous y perdriezbeaucoup.
Le livre "les carnets de l'Afrique à Paris", pour lequel il s'est acoquiné avec la délicieuse Catherine M'Boudi, est un bijou.
Un bijou délicat, rieur, voilé d'amertume tendre pour la viequi va pas toujours comme on veut, un bijou au charme têtu et insidieux.
Ce n'est pas seulement qu'ils la connaissent bien cette Afrique à Paris, ils connaissent aussi ce qu'est l'exil, ce besoinfunambule de se rattacher au goût, à l'odeur, à la chanson qui vous a bercé sans y disparaître dans un exotisme qui ne serait plus qu'un embaumement.
Le dessin, ici, dépasse l'illustration : ce sontles portraits sensibles de ceux que vous croisez tout les jours sans forcément les regarder, de cette vieille dame qui attend l'avion après avoir rendu visite à ses enfants à l'employé de la ville dansson costume vert acide. Vendeuses de safu, sapeurs, coiffeuses pleines de sollicitude, coiffeur muet dont la seule douceur est de parfumer les tout-petits à la barbe-à-papa, écrivains, musiciens,colleurs d'affiches...
Dans la précision affectueuse de ces portraits, il y a un avertissement, à nous tous adressé. Ce n'est pas d'entendre ces étranges sabirs dans le métro, qui nous met en danger.
Cequi nous met en danger de perdre notre âme, c'est d'oublier que ces langues, comme la nôtre, ne disent souvent que des choses très quotidiennes, très banales et très nécessaires, le petit qui marchecouci à l'école, le tissu qu'on a trouvé, la peine de cœur, le boulot, la maman qui fatigue un peu, le recette du gombo qu'on ne fait pas tout à fait pareil.

Je me souviens, un jour, avoir étébouleversée par une simple phrase du Musée Anne Franck : " A la fin de la guerre, Amsterdam avait perdu plusieurs milliers de ses habitants".
SES habitants. Pas seulement "Les juifs avaient perdu...
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